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11/03/2012

J'étais derrière toi, Nicolas Fargues

Bon, à la base, en tant que fanatique absolue de Dostoïevski devant l'Eternel, j'ai toujours une attente pénible en matière de personnages... Je n'aime pas les gens simples, si tant est qu'on puisse l'être, ni ceux qui se veulent inaccessibles... Si je dois lire de la "littérature intérieure", j'aime bien en fait "sentir" l'intérieur des gens comme si je pouvais rentrer dedans, un peu, faire mon nid dans leur vie, un genre de voyeurisme intérieur peut être. Une tentative de comprendre, un désir de saisir quelque chose qui touche à la vérité de ce qu'on est, au fond. Un truc un peu comme ce que tu ressens quand Kafka commence à décrire sa métamorphose. (oui j'aime Kafka, non je suis pas tordue. Enfin peut être. On s'en fout). Bref. Quand je suis tombée sur J'étais derrière toi, je n'ai pas pensé que se serait un livre qui pourrait me travailler. J'aime qu'on me travaille, voilà la vérité. Je me suis dit qu'il se lirait bien, sûrement très vite, un après midi pluvieux, et que je l'oublierais tout aussi vite. Plus vite même, sans doute.

J'avais raison pour la première partie. Il se lit vite. A toute vitesse. L'histoire?... Est ce qu'il y a vraiment une histoire... Une histoire classique, une histoire de rencontre, de séparations, de doutes, à la limite. La forme... simple, un monologue qui s'embourbe parfois, mais une litanie percutante. Parce que ce livre est plein de sensibilité, de doutes, de phrases qui nous marquent. Qui m'ont marquées. Des phrases qui mettent des mots sur des vagues qui nous encombrent parfois... Cet homme, on l'aime et on le déteste, comme on est capable de s'aimer et de se détester à la fois. On sent ses idéaux, ses lâchetés, ses peurs au fond, tapies.

Alors oui, par moment, il m'énerve, cet auteur, a parler comme on respire, même plus mal encore, sans la "tenue" de la langue... Il y a des jeux de mots qui m'ont fait soupirer, des moments où la langue qui se veut orale devient pénible, où on a envie de lui dire d'aller lire un peu Wilde, pour nous épargner. Mais ça passe. Parce qu'il y a ces fichus passages que l'on a juste envie de recopier tels quels, pour les afficher partout dans la rue pour que les gens comprennent.

Bref, on est bien loin de la "grande"littérature, et il y a un côté un peu "marketing" qui énerve toujours la snobinarde du bouquin que je suis, avec certains auteurs modernes un peu trop consensuels, mais voilà, en vérité je l'ai commencé en me disant "putain où va le monde, mon bon monsieur, après ça je me refais tout Aimé Césaire pour digérer" et finalement, en le posant j'ai fermé ma grande gueule. Commercial peut être, grand public, sans aucun doute, mais je suis dans ce grand public aussi, et ce livre, ben moi je l'ai bien aimé. Voilà. Et fuck la police du style et du bon goût.

17:59 Publié dans Livre | Lien permanent | Commentaires (3)