UA-75898527-1

Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

01/12/2012

Alfred de Vigny

Bonjour à vous, gens de l'internet mondial!

Je me disais, à force de re-twitter les blagues de Dedo et les citations du petit journal, de facebooker les photos de votre voiture et d'envoyer des pokes à votre patron, depuis combien de temps vous n'avez pas lu Vigny? Trop longtemps. Voilà. C'est cadeau. (après ça tu as le droit de te refaire les Contemplations d'Hugo dans le désordre ou de te remettre à Baudelaire. Ou a Eluard. Ou n'importe quel autre bouquin avec de la rime dedans. Histoire de te re-remplir un peu.)

Si ton coeur, gémissant du poids de notre vie,
Se traîne et se débat comme un aigle blessé,
Portant comme le mien, sur son aile asservie,
Tout un monde fatal, écrasant et glacé ;
S'il ne bat qu'en saignant par sa plaie immortelle,
S'il ne voit plus l'amour, son étoile fidèle,
Éclairer pour lui seul l'horizon effacé;
(...)
Pars courageusement, laisse toutes les villes ;
Ne ternis plus tes pieds aux poudres du chemin ;
Du haut de nos pensées vois les cités serviles
Comme les rocs fatals de l'esclavage humain.
Les grands bois et les champs sont de vastes asiles,
Libres comme la mer autour des sombres îles.
Marche à travers les champs une fleur à la main...
Alfred de Vigny

28/11/2012

juste un petit moment

Vous le connaissez, ce petit moment suspendu hein...

Ce petit moment où vous vous retrouvez à retenir votre souffle en espérant de toutes vos forces pouvoir le figer, pouvoir rester bloqué, là, comme ça, éternellement.

Ce n'est jamais dans une grande occasion qu'il survient, jamais dans un mariage, jamais dans un évènement puissant, il arrive par surprise, il vous prend par le coeur au détour d'un calin, dans un moment de tendre lassitude, de doux attachement, dans une seconde de relachement... on se laisse aller un moment et soudain il est là. Vous sentez que c'est un moment important, ce petit bout de temps durant lequel rien de fou ne se passe.

Vous savez.

Vous savez que c'est juste ça, le bonheur, ces étincelles qu'on retient du bout des paupières qui n'osent plus battre pour ne pas rompre le charme. 

Vous la connaissez, cette impression qu'il suffirait de ne plus bouger du tout pour que ça dure toujours. La plénitude.

Vous le connaissez, je le sais, ce petit moment de grâce que la vie à l'air de nous offrir comme par erreur, comme si elle nous avait oublié, un peu, dans un coin.

Il y a des jours remplis de tellement de ces instants que parfois, quand la vie rattrape le temps qu'elle nous avait laissé étirer, on a le vertige. Il reste juste ce petit pincement au coin du ventre et ce petit goût dans la bouche. Et un peu de tristesse aussi, juste un moment.

25/11/2012

Ulysse

Bon les copains, j'ai honte mais faut que je le dise, ça fait plus de deux mois que j'ai entamé Ulysse. Et je commence à me dire qu'il va me falloir encore six mois de plus pour en arriver au bout. Et qu'une fois fini il faudrait le relire, pour être honnète, mais que je sais que j'en aurai pas le courage, pas tout de suite, pas vraiment. Je peux aussi dire qu'entre quelques pages de James Joyce je me suis tapée la série de Katherine Pancol ( Les Yeux jaunes des crocodiles, La Valse lente des tortues, Les écureuils de Central Park sont tristes le lundi ) et que j'ai avalé ces trois livres de minette de plage avec un immense soulagement... Et qu'en les finissant et en reprenant cette oeuvre majeure, j'ai méchamment soupiré. J'sais pas ce qui se passe. Il m'empressionne, Joyce, avec des personnages déguingandés qui tentent de me semer le cerveau... J'ai peur de pas assurer dans mon rôle de lecteur, avec lui. J'suis dégoûtée de devoir le reconnaître mais je suis obligée de me refaire une autre oeuvre intégrale toutes les cinq pages... J'ai repris Stendhal, Faulkner, Cendrars... ça m'a fait du bien de me dire que j'étais pas vouée à trainer au fond du rayon chicklit pour le restant de mes jours... Mais bordel qu'est ce qui se passe avec ce bouquin qui me fous des complexes... Pour la première fois j'ai l'impression d'avoir attaqué un livre trop grand pour moi (et ça m'énerve). Shame.

18/11/2012

Demain

Il pleut. C'est décidé je part. La vie se bouscule, pas moi. Que vais-je laisser ici? Un souvenir vague à l'âme à double tranchant... Regard gris qui se souvient de s'être allumé pour une ombre, un autre être en attente de disparaître. Comme toi. Des regrets, des remords... Combien de formes ai-je pris? Une par personne peut être. Une forme insipide, une fausse contenance. Tout est faux. Faux. Faux semblant de vérité. Mais où est la vérité...  Les autres savent ils qui ils sont? Repartir de zéro, mais il est trop tard, ton image... Emmener mes fantômes, mes amours surréels à qui je parle quand je suis seule. Trop seule? Toujours eu peur de la solitude, ça me rend malade comme le temps perdu perdu comme toi. Alors pourquoi toujours cette boule au creux des reins derrière ce faux enjouement "chouette on sort"? les reins... Envie de rien. Est ce que je ne suis rien? Si je ne suis rien alors autant qu'on se souvienne de mes fausses formes en forme de rien, de mes courants d'air qui ne se voulaient pas glaçés... Vague mal au coeur. Pas envie de n'être rien, compter au moins pour quelqu'un. Une présence... Ne suis-je qu'une présence? Sans fond... on se confie à moi un peu comme on parle tout seul... Je sais simplement me taire et écouter, ne pas être... Marre aussi de meubler, faire la conne et rire jaune paille. J'aimerais rester en forme de rien, pas un sourire niais, pas une crise de larme. Mais rester quand même. Le petit rayon de soleil tout con que tu prétendais trouver en moi ça me plaisait mais avec le temps on l'oublie. Déjà. Et ceux qui ont pleuré? Ceux à qui j'ai fait mal en voulant simplement me trouver? Est ce que quelque part quelqu'un m'en veut? Est ce qu'ils se souviennent de mon prénom? Je me rapelle de vous tous. Je vous ai presque tous aimé. Chacun différement, plus ou moins fort, plus ou moins longtemps. Ca parait encore plus con que mon vide mais c'est vrai. Entourée mais si seule. Toi pour ton sourire qui disait trop je t'aime à la vie, toi pour tes larmes petit gosse plus vieux que moi, toi parceque tu m'aimais à en crever, c'est honteux mais je t'aimais pour ça, parce qu'à travers toi j'existais que je n'avais pas honte de moi, toi au contraire parce que tu m'as traité comme je me traitais moi-même, mal, dur avec mon sale coeur en sucre qui s'est noyé sous trop de larmes non versées et de plaies qui saignent encore derrière mon sourire. On a tous une vie pleine de coups de couteaux et de coups de soleil. J'me promène avec mes photos partout, mes souvenirs dans ma tête et mes poches pour vous avoir au cas où. J'me promène avec mes plaies béantes et mes larmes salées brulent les cicatrices qui ne se ferment pas. Bien cachées. Comme ton souvenir en dent de scie: un fou rire, ton absence, un regard, le désert de ton départ. Qui suis je? je ne sais même pas ce que j'aime, ce que je préfère, ma hantise: choisir. Mais au milieu de mon désert inventé, de vraies éclaircies me font dire que "rien que pour ça", j'ai bien fait de continuer. Le sourire de ce gosse qui veut "aussi être maicresse", et celui de mes fantômes. Les vieux et les nouveaux, mes fantômes du passé, disparu loin de moi ou loin de tout, fauchés eux qui n'étaient pas faux, et qui me parlent encore. Ton regard est coupant comme une lame émoussée, c'est un regard cruel que je projette partout sur les murs de cette pièce et des autres, un regard que je t'emprunte parfois pour faire un peu mal aux autres, pour que surtout ils ne m'aiment pas. C'est décidé je part, demain. S'il ne pleut plus. Si demain arrive un jour et cesse de s'enfuir toujours avec le temps. Si demain s'arrête. Si demain existe, lui qu'on a jamais vu.

17/11/2012

November rain

Il fait encore nuit. Je l'ai bien senti, cette fois, sa lame fine, son poing lourd sur ma cuisse. Je me réveille avec la douleur d'un hématome. Il sera revenu, surement. Suceptibrement, pendant mon sommeil. Peut être que je pourrai le chasser à nouveau, il faudrait essayer. Je me lève le ventre en vrac, l'eau froide me pique un peu les yeux. Je suis assise par terre dans cette salle de bain, je pourrai aller me recoucher, simplement, fermer les yeux, dormir, quitte à le laisser faire. Les cauchemards partent avec le soleil. Je suis fatiguée ce soir, ça bouillone un peu trop. Pourquoi il est là, de nouveau? Qu'est ce que c'est que ce regard inquisiteur qu'il me projette, cette impression d'être détaillée comme du bétail, peut être qu'il prendra une cuisse, ou plutôt une aile. Une aile droite, celle qui n'a pas de quoi voler. J'ouvre la fenêtre, l'air est glacé et me pique la peau. Je m'enroule dans une serviette, et je reste là. ça pique doucement la gorge, ça va mieux. De l'air de l'air de l'air. Ca donne envie de planer, cette vue sur mon toit. Comme si on allait pouvoir s'envoler, comme à la cigale quand ils sont tous assis, comme un plongeon tentant. Ca me rappelle la roche près de porquerolles. Pourquoi je pense à ça. Cette vue de ma fenètre elle me fait tellement tellement penser à la mer, juste en dessous... Ma mer, mon océan. La mer de ma Bretagne qui est soudainement devenue celle de quiberon. Celle du paradis. de la tempète. Oh j'aimerais bien une grosse tempète, là, tout de suite. Avec de la pluie. De la pluie fine et rapide, celle qui te colle les cheveux sur les tempes et qui dégouline en petites rigoles le long de ton dos. November Rain. Il n'y a pas de musique ici, juste le bruit de la pluie, c'est comme si elle avait mis la bo de ma vie sur pause, le temps de recevoir un peu de calme. Toute une nuit avec ma musique, a regarder ton plafond blanc, irrégulier, tranquille. Putain de moments suspendus. Pourquoi il est revenu. Pourquoi je pense à ça. J'allume une clope, je m'assied sur le toit mouillé, pour pas que la fumée rentre. je suis là au milieu de la nuit à fumer sous la pluie, assise en serviette sur mon toit. Ca me fait rire. Un vrai rire qui remonte tranquillement dans la nuit. Un vrai rire qui plisse les yeux. Ca va mieux. Il est parti. Il ne me prendra pas cette nuit. Je regarde la lumière de mon téléphone qui clignote au fond, là bas, dedans, près du lavabo. Ce n'est surement pas lui. ma cigarette est éteinte, je suis frigorifiée. j'allonge mes jambes sur les tuiles froides, les gouttes dessinent de petits traits de lumière, je frissone. Je ferme les yeux, juste un peu, pour le plaisir de me sentir vaciller dans la nuit. Il est parti, ma tête est plus calme, dans mes tempes les tambours sont devenus sourds. Je pourrais juste me sécher et reprendre la place dans le creux de mon lit. je pourrai l'appeller, lui dire. Lui dire qu'il est dans ma tête et dans mon corps aussi, parfois. ou juste me sécher et reprendre la place dans le creux de ma vie.