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15/02/2013

un coin d'herbe, au soleil, pas loin de l'eau. des rochers qui surplombent la mer. du thé. des kilomètres en voiture. De la musique. des nuages. de la vie. et puis de la mort, aussi.

Mon piano pleure un peu trop joliement pour pouvoir chanter correctement, j'aurai bien repris ma guitare, ce soir, pour jouer à être un peu goldman entre deux chansons de scorpions ...


Un soir qui n’voulait pas finir

Une journée inutilité

Juste un moment sans avenir

Et je t'ai croisé

Ca aurait pu être un sourire

Ou juste deux mots échangés

Mais ça n'a jamais pu finir

Je t'ai trop aimé...

 

Et mes nuits sont devenues blanches

Mais d'un blanc doux et coloré

Elles ont transformé mes silences

En moments dorés

Tes yeux ont fait de mes absences

Des rêveries toutes éveillées

Je t'ai proposé mes errances

Tu as accepté

 

Moi je n'avais rien à offrir

Toi tu as voulu trop donner

Je t'ai échangé un sourire

Contre un peu de thé

Je n'avais rien le temps de dire

Tout était déjà décidé

A peine le temps de saisir

C'était terminé

 

Un petit morceau près du cou          

La promesse de quelques nuages                                                                        

Un mot ensemble, rien du tout

Sur un bout de page

C’était déjà tellement bon

Tu as eu peur de mes toujours

J’ai voulu croire que la raison

Dépassait l’amour

    

Le temps efface les baisers

Que j'avais posés sur ton cœur         

La vie déjà rappelle à l’heure

Au temps de filer       

Puis on est retombé sur terre              

Et tout est partit en fumée                                                                     

Dans les dernières volutes claires                                                                

D'un moment volé

11/02/2013

sacré toi

fin février, le pape quittera ses fonctions. Ca me laisse un peu de marbre. En fait ça me semble bien, même, pour l'église. Jean-Paul II m'a manqué, Benoît XVI ne le fera pas. Je n'ai même pas envie de parler de lui, à vrai dire. Ca me fait simplement penser à "mon" ancien pape, plutôt. Aux larmes dans sa crypte, à l'émotion palpable et écrasante du monde autour. Même l'Homme, qui ne croit pourtant vraiment en rien, se sentait un peu perturbé. Rome la belle, encore. Je me rappelle son visage tellement semblable à celui de mon grand père qu'à chaque apparition je ne pouvais que l'aimer. Le double de mon pépé, de mon amour de pépé. Et puis ses mots, pour la jeunesse, pour les femmes, ces mots justes et aimants qui me parlaient, au delà de la religion et de mes avis plus ou moins détachés d'elle, ces mots qui rassemblaient même si parfois ses combats allaient à l'encontre des miens, ces mots pansements parfois quand la culpabilité trop grande est niée par le monde qui se veut moderne et objectif et qui en prétendant accorder des droits ne fait qu'alourdir le poid de ce qu'on a plus le droit d’exécrer.... des mots justes, fidèles au ressenti et à la douleur, et qui parlent de rédemption, d'amour, de pardon... Parce que c'est en cela que j'aurai besoin de croire, il n'y a que cela qui puisse aider... Dire OUI tu as mal, OUI tu as fait quelque chose d'horrible, et tu pourras un jour avancer même si cela est éternel, c'est reconnaître ce que je vis, c'est proposer quelque chose. Feindre que tout cela n'est rien, que la douleur n'a pas lieu d'être... c'est juste forcer à porter seule le poids de la honte et du repentir, de la culpabilité qui n'est plus jamais amoindrie par sa confession, sa reconnaissance... Il y a des meurtriers que la prison soigne, qui ont l'impression de "payer leur dette", qui ont besoin de se rendre, d'avouer, de payer pour avancer. Nier ce qu'il ont fait de mal, prétendre qu'ils sont libres, c'est les contraindre à mourir du dedans. La Madeleine. Une bougie qui vacille. Je suis fatiguée de reculer toute seule.

29/01/2013

trouver les mots




j'aimerais juste pouvoir trouver les bons mots. Une heure devant ce putain d'écran vide.

"désirez vous enregistrer ce message comme brouillon?"

"si vous fermez maintenant, votre mail ne pourra être envoyé"

Il y a des moments où j'ai l'horrible impression de pas maîtriser les mots, où ils fuient quand je voudrais les poser sur ces courants d'air qui me traversent pour me dire, pour que tu m'entendes...

J'ai froid dedans, sans toi.

M.A. (bordel je viens de retrouver ce petit mot dans un coin de clé usb... C'était il y a bientôt 8ans déjà...) still loving u

J’avais 2ans et on s’est kidnappées. De rires en délires on se suffisait. Ma belle. Ma chérie des conneries, des chansons que je connais encore, des chats, des rêves, ma puce de madame Chalimon, des petits poudriers et déjà qu’à deux on est trop alors à trois… celle avec qui je voulais faire « nuit blanche » en découpant des poissons dans du papier alu.

Puis le collège, nos premiers amours, amours qu’on gardait secrets, entre nous, sans leur en parler. Ma copine de secret, qui savait si mal garder cachées nos conneries… nos punitions bidons, jouer les ptites rebelles sur la place… puis nos p’tits bleus au cœur, les premiers gros chagrins, mon chéri qui s’en va, le tien qui n’est pas le tien… un seul prénom pour nos deux copains. L’escalade de la cheminée, les fous rires dans le lavoir qui n’est toujours pas un refuge… Mes problèmes de famille et son sourire, toujours. Ses bras grands ouverts, la seule à qui j’avais envie de parler quand ça ne va pas. Parler, c’est ce qu’on a le plus fait ; parler pour ne rien dire ou vraiment parce qu’on en avait besoin, parler beaucoup, juste parce qu’on était bien.

Le lycée, mes errances, nos « retrouvailles », nous qui ne nous étions jamais perdues de toute façon. Encore des souvenirs, des mots amis pour soigner nos maux de cœur.

Julien. Le changement, la distance, nos amis qui deviennent respectifs, nos nouveaux souvenirs qui ne sont plus communs. L’absence, et cette peur du silence. Peur de ne plus savoir quoi se dire, peur de se trouver changées, trop changées. Mais je n’oublie pas et tu me manques. Faute de parler avec toi je parle de toi, souvent. Ton appel qui me fais tellement plaisir. Et se revoir et rire, comme avant. Soulagement. Se sentir toujours aussi bien près de toi. J’ai retrouvé beaucoup de gens très proches, de vrais amis, mais je n’ai jamais pu parler de « meilleure amie » depuis toi. Parce que c’est ta place et que tu l’occupes toute entière, et non ça ne changera pas. On s’est roulé dans l’herbe hier. Rien ne change vraiment au fond. Tes 20ans. Les 20ans de celle avec qui j’ai fumé en cachette, bu en cachette, avec qui j’ai écrit mes petits journaux intimes. Les 20 ans de ma sœur, et on ne change pas de famille.

28/01/2013

et partir lentement dans la lumière grise

Ya son coeur qui saigne, pourtant. La vie elle continue, tranquille, comme si de rien n'était. Comme si ça n'existait pas. Comme si on n'existait pas. un jour il y a quelque chose, et puis un jour, il n'y a plus rien. ça la fait flipper, cette idée absurde. Rien ne se crée, rien ne se perd, tout se transforme. et l'âme? ou pas. Le vivant du dedans? La volonté, le désir, l'amour, l'introspection. On est plus dans la cellule, là, on est plus dans de la biomécanique. Il y a autre chose. Evidemment. Un jour ça apparait, comme ça, un jour ça part. Non. Non. Pas pour toi. Pas pour toi mon amour, mon rêve immaculé, pas pour ton coeur à toi. Ca débordait trop de partout pour juste s'arreter. Mais où ça c'est barré, ton dedans de toi même, quand ton corps-enveloppe à cesser d'avancer? Un matin elle a cessé de respirer, comme ça, pour voir. Son corps elle sait qu'il est tout mort, dehors. Elle continue de bouger, juste par volonté, même si parfois elle sait plus trop pourquoi. Mais ca fait longtemps qu'elle n'y croit plus, aux maladies du corps, aux docteurs, aux remèdes. Un jour il s'arrete, simplement. Son corps on ne peut pas lui faire confiance. Alors elle mange du bout des lèvres, des petits bouts de matière sale, avec l'envie de tout vomir. Mais elle ne le fait pas, pour quoi faire... Elle fait juste bouger la carcasse, un peu, c'est juste le médium par lequel son dedans émerge. C'est effrayant, tout ça. Elle elle croit en l'éternité pour elle, un peu. Ca lui semble le minimum. Même si elle sait que son corps va la trahir, parce que c'est ce que les corps font. Mais on est pas que ça. c'est ce qu'on est le moins même. alors pourquoi ça lui fout cette putain de terreur, la mort? elle aimerait bien passer au travers de ce corps qui la limite, pourtant. Mais ton corps à toi, la dedans, c'est trop dur. C'est trop froid. Enfermé. On peut pas t'avoir enfermé. On peut pas laisser faire ça. Elle sait qu'il n'y a plus rien, bien sur, que t'as pas pu rester bloquer à l'intérieur de ce corps froid. Que tu t'es échappé ou que pof. Pof. Pof, putain. Pof plus rien. Elle remet un peu son écharpe, ya un courant d'air qui lui glisse un peu de froid juste contre l'omoplate. Pourquoi elle pense à lui, maintenant? Comment ça se fabrique, l'amour? Comment elle saurait faire? Comment ça se façonne, une âme? un coeur? elle sait, sans trop saisir comment, qu'on peut fabriquer un corps, des yeux qui verront le monde tel qu'il ne sera que pour lui... mais comment elle pourrait fabriquer une entité qui ne soit à personne, avec des aspirations propres, un goût pour ce qu'elle ne connaîtra jamais si bien, du plaisir, des questions... comment elle pourrait fabriquer quelqu'un d'entier à partir de rien... D'où il viendra? Où tu es maintenant? Elle parle aux étoiles, aux statues des églises, aux flammes des bougies, à ta tombe, à la buée de son souffle dans le froid de l'hiver. Et parfois elle ne sait plus si elle te parle encore ou si elle parle toute seule. Ton éternité à toi, est ce qu'elle s'est arrêtée. Elle voudrait lui tenir la porte, un peu, sentir le chaud du dedans s'évaporer autour d'elle. Ya rien de plus, aujourd'hui. Pas de début, pas de fin. Juste un train qui arrive. Et qui repart, sans elle. Elle qui attend pour rien, encore, dans les courants d'airs froids de cette gare qui s'éteint. et partir lentement dans la lumière grise.