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05/03/2012

s'excuser d'être heureux

Quand tu vas mal, que tu (te) fais du mal, les gens t'engueulent, te disent que c'est à toi de sortir la tête de l'eau, de te bouger, que tout est une question de volonté, que rien n'excuse ou n'explique que juste tu ailles putain de pas bien... Ils comprennent pas que tu peux avoir des besoins différents des leurs, des biens pensants, des biens gentils, des biens sages... Ils comprennent pas que ce qui aurait pu suffire à quelqu'un d'autre ne peut pas te suffire, que ton bonheur ne dépend pas de ce qu'on est censé attendre mais de ce dont tu as besoin toi. Tu te retrouves à avoir encore plus honte d'être mal, à t'excuser d'être malheureux.

Il comprennnent pas que quand ils font les choses comme ils auraient besoin qu'on les fasse pour eux ils ne font pas forcément comme tu en as besoin toi. Et ils te font cher payer ton malheur, qui semble être comme une "non reconnaissance" de "tout ce qu'ils ont fait pour toi". Sauf que toi, ça t'a juste blessée à en crever mais ça on en a rien à foutre, parce que c'est pas NORMAL.


Mais si un jour tu tiens un peu plus fermement la rampe, que toute hésitante tu commences à avancer, que fière d'être enfin comme on l'attendait de toi tu veux juste revenir, faire profiter ceux qui ont été la quand ça n'allait pas de ta douce quiétude enfin retrouvée après des années de galères, de doutes, de guerre contre toi même... Alors tu vas recevoir comme une nuée de pierres, de coup de langues de vipères, parce que tu n'as pas le droit d'être bien maintenant si tu ne l'étais pas quand on a fait "tout pour toi", que ton rôle à toi c'est d'arpenter les couloirs d'une clinique pour que leur monde garde tout son sens, alors voilà, si tu essayes de sourire un peu tu deviens une ingrate, une menteuse, une hypocrite, une salope.

Et tu t'excuse d'être un peu heureuse.

Sans déconner ya un moment où ça s'arrête?

de la beauté

Derrière la buée de la fenêtre. Petite goutte échappée.

Il y a deux types de beauté.

Il y a celle que l'on reconnaît quasiment universellement, qui est intrinsèque aux choses et aux personnes. Les yeux d'un bleu marine, la démarche d'un chaton, la bouche de Diane Kruger, les muscles de la lionne quand elle chasse, la rosée sur la tige du premier perce neige...

C'est une valeur refuge, on essaye de s'en rapprocher dans les jours de doute, on choisi ses vêtements pour qu'ils soient assortis, on se maquille un peu pour arranger ses yeux... Mais le miroir reflete ce qu'on veut, et se rapprocher d'elle c'est forcément ne pas réussir tout à fait, forcément avoir un retour plus dur, plus sec, plus froid. Les beautés froides me fascinent mais ne m'attirent pas.

Et puis il y a la beauté qui n'est pas dans les choses, celle qui est dans les yeux de celui qui regarde. Le brouillard peut être magique... une tasse de thé peut être émouvante, une tempête sur la côte peut toucher au sublime, comme la pluie torrentielle en plein mois de juillet... la couleur d'une tâche, la forme d'une feuille, les gouttes qui rebondissent dans les cendriers en terrasse... ce visage irrégulier, cette petite main potelée, cette mèche de cheveux libérée, cette ride au coin de l'oeil, la petite chanson du soir qui tombe, la couverture jaunie d'un livre tombé là... C'est ma beauté préférée. Parce qu'on peut la projeter partout pour faire de chaque moment voulu un moment bleu...

La liberté dans son regard. Et avec elle un secret du bonheur.

Celle du lâcher prise et de l'acceptation. Celle du sourire à son image dépeignée, de l'affection pour son jean un peu élimé... Elle n'empèche pas de s'amuser avec ces accessoires, mais tout va car on est vraiment dans quelque chose de ludique, d'amusant... On essaye pas de créer une beauté illusoire à partir d'un modèle, on se contente de s'amuser avec l'image que l'on se renvoit. le tout avec bienveillance.

Dans ces moments j'ai envie de tout prendre en photo. Un bout de canapé, une plaque de rue, de l'eau sur le pavé, le sourire de mon frère, le ciel, la lumière. Je voudrais pouvoir trouver l'angle pour le montrer aux autres, qu'ils voient comme c'est joli... Joli comme un poème...



04/03/2012

once upon a time

"dis maîtresse, en vrai, ton mari c'est un prince?"

bordel d'amour

Ou est la frontière entre l'amour et son substitut, entre l'amour et le piège, entre l'amour et l'envie, entre l'amour et le désir d'aimer, entre l'amour et le désir d'être aimé, entre l'amour de l'autre et l'amour de soi, entre l'amour de l'autre et l'amour de l'amour...?

Quand est ce que l'amour-don cesse d'être une demande, et que l'amour-piège devient quelque chose de beau?

03/03/2012

Un

C'est un homme sur de lui. Un homme d'importance. Un homme intelligent. Un charme, une présence.

C'est un homme plein d'assurance, un de ceux qui m'intimident. Un de ceux auprès de qui j'ai honte d'être, auprès de qui je me sens minuscule et fade.

Il me parle des autres femmes, des stupides qui lui courent après, avec qui il joue quelque temps, blasé et un peu fatigué, et il me parle de celles qui valent la peine d'attendre, qu'il admire un peu de plus loin, celle qu'il a aimé avant, qu'il aime encore maintenant, celles qui sont belles comme des soleils et fines comme des poèmes. Celles qui valent tellement mieux que moi. Et j'me sens encore disparaître, rougir, honteuse d'exister.

C'est un homme entouré, mais pas par des copains, un avec de vraies relations, des gens qui ont un intérêt, des gens qu'on voit, des gens pressés, des gens qui parlent trop fort, des gens arrogants, des gens qu'on montre, des gens qui comptent.

 

Même ses douleurs sont essentielles, ses doutes rares, son passé lourd.

Un peu amusé de me sentir gênée, de me sentir petite, de se sentir comme un géant dans mon monde de poupée sous extasie, dans mon monde de mojitos bleus et de copines allumées, dans mon monde d'amis discrets, de famille douce, de projets réguliers, dans mon monde en reconstruction qui ne croise jamais son monde. Il aurait du ne pas daigner me jeter un regard. J'aurai du ne pas lever la tête.

Mais il a ce magnétisme et cette espèce de fascination qu'il exerce sur moi... Il a cette faculté de m'intéresser, de me faire rire... il me touche aussi. Parfois j'ai l'impression de découvrir quelque chose derrière cette carapace, sous ce sourire, derrière ces yeux délavés. C'est un homme de confiance, j'en suis sûre, je le sais. Un sur qui s'appuyer. C'est ce qui me chagrine. Ce qui me perturbe. Il est tout et son opposé.

Un de ces coups m'a tout ôté, la vie et l'envie avec elle... Je n'ai plus envie, c'est passé... Sa vie ne me va pas, ses besoins sont trop loin des miens, son passé m'accable,
mes désirs sont taris avec mes larmes... Mon ange est mort et avec lui tout espoir de voir renaître près de lui l'innocente clartée de mes sentiments.

Il me fuis quand je hurle ma douleur et qu'il me manque... Mes amis me portent, me sèvrent. On fait des listes qu'on brûle, des promesses d'avancer... J'ai besoin de m'en sortir, de la drogue de ses mots, de la brûlure de ses yeux, de la terreur de son absence... Parce qu'il me tient à ça, en marchandant sa présence, en distillant un mot, en se refusant, en menaçant de me lâcher, me lâcher dans le vide, alors petit à petit je retourne sur le chemin. Pour tomber de moins haut. Pour avoir moins peur, moins mal. Je remonte sur mes pieds, comme je peux. Je voudrais qu'il me tienne la main, mais il n'a pas besoin de moi. Je ne suis d'aucun intérêt pour quelqu'un comme lui. Seul mon adoration, mon amour illimité, ma terreur de le perdre pouvaient l'aider. Mais je suis trop fragile pour ça. Trop blessée pour avoir le coeur. 

Il joue au chat avec moi, je me sens prise au piège, je tente de m'enfuir, il me retient toujours d'un coup de patte... Je crois un peu qu'il m'aime et il s'éloigne aussitôt... Il a juste besoin de cette adoration qui ne saurait lui suffire, de cette reconnaissance que je lui apporte mais sans avoir les épaules... Il est trop fort pour moi. Je rend les armes. Se faire jeter par une souris pour un chat qui vit dans son monde, c'est trop compliqué. Ca blesse. Ca cartonne. Mais la souris déjà bien griffée ne peut pas jouer toujours. Arrive un moment où il s'agit de sauver sa peau. 

 

J'aurai tellement besoin de ses mots quand j'ai peur, de sa main quand je saigne, de sa présence. Mais pas comme ça. Plus comme ça.