25.05.2009
je m'en veux

J'ai l'impression que je fais semblant de vivre quand tu dévorais la vie. Que j'ose à peine l'écorcher quand tu savais la brûler par les deux bouts. Et je me dis que tout ce temps de plus que toi, ce temps de trop, tu l'aurais mieux employé que moi. Je m'en veux de la regarder filer sans moi parfois quand je sais comme elle t'a manqué... Je m'en veux... Je m'en veux de ne pas pouvoir te donner un morceau de ce temps que je ne sais pas employer pour te regarder le fumer... Je m'en veux d'hésiter, je m'en veux de penser à demain, je m'en veux de ne pas foncer tête baissée dans tout ce qu'elle pourrait être... Je m'en veux de ne pas tout essayer, de manquer de cran quand il ne t'as manqué que le temps...
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24.05.2009
une journée dans mon paradis
Le soleil est incroyable. Je peux marcher.
On fait un barbecue dehors... Il y a une toute petite brise, on a chaud, on est bien. On est ensemble.
Devant nous il y a ces arbres. Les plus beaux du monde. Ceux qui ont abrités toutes mes jeunes années. Le regard de mon père se perd dans leurs branches. Ma mère prend soin de nous. Mon frère me fait rire. On est bien.
Je peux marcher. Je vais toute seule jusqu'à ma mare. Sur le petit ponton ma place m'attend toujours. Entre les branches sombres le soleil perce un peu... C'est toujours mon endroit qui m'a tant vu pleurer. Pas aujourd'hui. Je m'assied un instant pour mieux le respirer. Et puis je repart. Le chemin noueux de mon paradis... je longe la ferme qui tombe en ruine. Juste derrière ma fenètre. Celle où l'on se cachait, gamines, pour préparer nos fêtes... Celle que je connais par coeur, du fond de ses caves à l'odeur chaude du foin de ses greniers... Jusqu'à la vue de sa cheminée qui menace maintenant de tomber... Je passe par le linge, les arbres ont avalés les fils. J'ai un peu mal pour eux, les draps ne viennent plus les caresser au vent, et les chants des enfants se sont tus... Juste derrière, le trou de la haie. Les narcisses sont morts mais je m'y love encore. On est au paradis. Je suis bien. Je continue dans l'herbe que mon père fauche, avec de grands gestes souples et épuisés, dans le bruit régulier de l'été... Je la traverse encore avant qu'il ne la couche... J'emprunte le chemin blanc entre les marroniers... Je cueille une fleur d'acacia pour parfumer mes cheveux... On est au paradis... J'arrive aux douves. Mes douves. Mes ruines. Mon chateau. Celui de mon coeur. Celui dont ne reste que ces quelques pierres, ces tourelles effondrées, face à cet autre chateau, ce chateau rouge et arrogant qui se dresse avec chaleur mais supériorité. Mes ruines au milieu de mes douves. Mes tourelles. A l'ombre, sous les arbres en fleur, assise sur la pierre... Je suis au paradis. Derrière les arbres bruissent, et sous moi l'eau est verte. Tout était au carré, propre, taillé, tondu, fleuri, entretenu... Et tout part à vau l'eau tout est un peu sauvage aujourd'hui... Et pourtant juste ici je vois bien comme tout est aussi beau et tout est éternel... On est au paradis... Et j'ai grandit ici...
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avoir un seul enfant de toi...
Ca parle poussette... Je peux pas décemment dire que ça me fait flipper ma vie qui commence à ressembler à quelque chose de sage hein... Je peux pas leur demander si elles pensent que c'est bien d'être rationelle quand on a 24ans.... Où elles en sont? Ah oui, les faire-parts... C'est sur... il faut faire part... Prévenir... On est tellement content de prévenir les gens qu'on fait tout bien comme il faut... Peut être que ça leur fait plaisir aux gens parce que ça leur donne l'impression qu'ils ne se sont pas trompés... parce qu'on les conforte dans l'idée qu'il n'y a pas d'autre voie... non? Je peux pas leur demander ça hein... Où on en est? Ah oui, ca compare les bidons. On regardait nos abdos avant... même que des fois je gagnais... Merde il n'y a que moi qui n'ai pas changé? Est ce que je suis incapable d'avancer? Je peux pas leur demander. Ben non. Je peux pas. J'ai envie de pleurer. Je vais m'en griller une. Quelqu'un me suit? Personne? Plus personne ne fume? Ah ben non. Forcément. Merde. Les confidences à la balustrade derrière les vitres enfumées, c'est plus l'heure... C'était quand on était jeunes, hein. Oh j'ai la trouille là... C'est l'heure de l'apéro... il y a des jus de fruits... des jus de fruits... juste des jus de fruits pour mettre dans les sirops. Et des alcools de vieux. Ya du pastis dans ton placard à la place du malibu!! ya les garçons qui arrivent. Et on ne se tait pas. Ben non. C'est normal qu'ils soient là, maintenant. On ne va pas sourire bêtement quand ils vont parler. Merde mes plus anciennes copines sont des mi-couples... J'ai pas envie d'être la moitié de quoi que ce soit. Je peux pas leur demander de venir avec moi à l'autre côté du monde parce que j'ai peur d'étouffer, hein? C'est pas le moment... C'est plus le moment. C'est plus le moment de se chercher. Leur maison est prête dans 2 semaines. Ils échangent des adresses de carreleurs. Des adresses de carreleurs... J'ai le vertige... Les filles attendez moi!!!!
Ne partez pas si loin!! Ne partez pas déjà... Bien sûr que j'ai envie de tout ça... mais pas comme ça... pas déjà... s'il vous plait je l'ai pas vu arriver le temps de se poser... J'ai cru que j'étais en avance, j'ai cru que j'avais le temps de chercher, j'ai cru que j'étais normale... Il n'y a donc que moi qui ne sache même pas ce que je veux... Attendez moi... Ne partez pas si loin, ne partez pas déjà... J'ai pas envie de ça... J'ai pas envie comme ça... Si j'ajoute un enfant à ma vie ce sera pour en faire le centre de mon monde... mais pas pour le changer... pas maintenant... pas déjà... Je me sens à la ramasse, j'ai l'impression d'être tombée dans un mauvais film... Il y a son garçon la main sur son bidon... Son garçon qui me sourit... qui me sourit avec tout l'amour qu'il porte déjà à ce ventre dans les yeux... Et qui me demande "et toi alors? c'est pour quand?" Je me lève. Je fais tomber mon verre. Mon verre de jus pas bon. J'ai envie de pleurer. Et les trois presque mamans qui se mettent à sourire... "c'est en cours? c'est prévu hein? depuis le temps? bah alors? qu'est ce que vous attendez?"
Ce que j'attend?
...
De pouvoir accepter de vivre face à lui. toujours. Sans que ça me fasse pleurer.
Je peux pas vous dire ça hein?
...
Et l'homme qui répond avec son sourire... son sourire qui déborde d'amour... son sourire d'homme parfait... "on attend qu'elle soit prête, on est pas pressés, on va d'abord trouver la maison sans doute..."
...
On attend pas que je sois prête. Je suis prête depuis longtemps. Depuis toujours. La maternité ça ne me fait pas peur. Ce qui me fait peur c'est de laisser filer ma liberté. Encore. Mais quand ce sera l'heure je ne serais pas un mi-couple...je serais une maman entière. mais je veux rester femme et fille et enfant... Je serai comme ma maman.... une maman qui a toujours couru dans les vagues avec moi. Et qui se déguise en papillon... Et qui te caresse les cheveux toute la nuit de peine... qui dessine des fleurs autour de la liste de courses... et qui t'apprend à lire dans les nuages. Et je ne m'occuperais jamais du carrelage. Jamais.
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... merde... j'ai la trouille...
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23.05.2009
aimer pour nous...
juste pour le sourire
pour les mots échangés
pour frôler ses soupirs
pour aimer pour donner
pour un battement d'aile
pour un regard de trop
pour mourir dans ses bras
pour renaître à nouveau
pour la douceur d'un mot
pour la chaleur d'une étreinte
pour le réconfort d'un geste
pour la folie pour la folie
pour la sécurité
pour la pudeur de mes yeux
pour la confiance et pour la peur
pour l'abîme
pour l'abîme...
pour prendre son amour sans trop se questionner
pour accepter qu'on aime sans trop se raisonner
pour oublier de comprendre
pour oublier de penser
pour oublier qu'on meurt
juste pour un baiser...
pour une seconde à peine
pour un demain
pour un week end ensemble
pour une année de vie
pour une vie pour une vie
pour un enfant de lui
pour un toujours
pour ne plus attendre quand on a tout trouvé
pour toi pour toi pour toi
juste pour moi aussi
pour un nous... pour un nous...
pour y croire un instant
juste pour un instant...
un instant à garder dans un coin de son coeur...
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22.05.2009
un rêve bleu
... la journée a été longue quand je me couche enfin... tout tourne un peu au moment de s'endormir...
Doucement une petite brise me berce. J'ouvre les yeux sur son sourire. Autour de moi tout à changé. Le vent chante à nouveau. Mon coeur s'emballe un peu. Les yeux écarquillés de revoir à nouveau...
... une petite crique... l'odeur de la mer emmèle mes cheveux... de grands yeux brillent et crient je t'aime... tout fleurit devant moi... les arbres s'inclinent et offrent leurs couleurs à mes regards d'enfants... le drap se froisse... une main me frôle...
je m'entend rire à la pluie... on me serre assez fort... un mot dans mes cheveux... je n'ai plus peur de vivre... je n'attend plus demain... il y a un nuage qui dessine des coeurs... il y a des oiseaux qui se chamaillent... chaque brin d'herbe est plus beau... chaque souffle plus chaud...
... moi je tourne en riant pour tout voir de ce monde, je tourne encore plus vite au milieu des fleurs, au milieu des vagues, au milieu de nos rires... je tourne à en avoir le vertige... et puis tout disparait...
... un rayon moins bonheur réveille mes paupières... c'est le matin déjà... le rêve s'envole avec les dernières notes de musique du printemps... la vie est revenue... ma douce vie tendresse... ma douce vie promesse... la vraie vie...
Il est l'heure d'y aller... Je me retourne un instant sur mon lit qui sent encore le sourire et l'écume... il n'y a plus qu'un drap tout blanc. Un vrai drap. J'ai fait un rêve bleu, c'était un peu magique. Je retourne à la vie. Je refait mon lit en gardant mon sourire. Un oreiller tout blanc.
Et puis juste au dessus, un nuage. Bleu.
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29.04.2009
breathe
Respirer un grand coup. En apnée sous la douche, juste une seconde de stress intense quand le jet passe sur mon visage... une seconde d'apnée oppressante dans laquelle la boule au ventre de la terreur me brûle un peu comme un départ... et puis respirer un grand coup. Mon coeur bat si fort encore dans ma poitrine que c'en est douloureux. Comme chaque fois que le jet approche mon visage... mais c'est fini. C'est fini. respirer un grand coup. Je ne me suis pas noyée. Je suis là. Et vous êtes là. Et ma vie avec vous. Et mes rires dans vos rires et mes yeux dans vos souvenirs, et mes sourires dans vos coeurs et l'espoir encore de sourire, juste là, et demain, et puis le jour d'après. Une seconde d'apnée horrifiante mais tellement d'air autour. Respirer un grand coup. Besoin de sentir que je ne me suis pas encore noyée. Même si je fais semblant de savoir nager...
Parce que l'eau t'a lavé de moi comme j'aurai tant besoin qu'elle me lave de moi... Mais que j'ai beau frotter ma peau à m'en brûler les chairs je reste juste là... une petite chose en apnée, terrifiée par l'idée que l'eau puisse toucher directement son visage... sans passer par ses mains, par un gant, par quelque chose qui coupe ce jet... quelque chose de solide pour ne pas se noyer... il n'y a que mes larmes pour couler sur mes joues...
01:20 Publié dans Textes | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
25.04.2009
combien encore...
Combien de mots encore, combien de larmes, combien d'amour, combien de regards brûlants, combien de gestes qui blessent, combien de rires, combien de rêves, combien de vie, combien de moi...
Combien encore me reste-t'il, combien d'angoisses, combien de sourires, combien encore avant de m'oublier?
08:31 Publié dans Textes | Lien permanent | Commentaires (5) | Envoyer cette note
22.04.2009
ça aurait pu
Un soir qui n’voulait pas finir
Une journée inutilité
Juste un moment sans avenir 
Et je t'ai croisé
Ca aurait pu être un sourire
Ou juste deux mots échangés
Mais ça n'a jamais pu finir
Je t'ai trop aimé...
Et mes nuits sont devenues blanches
Mais d'un blanc doux et coloré
Elles ont transformé mes silences
En moments dorés
Tes yeux ont fait de mes absences
Des rêveries toutes éveillées
Je t'ai proposé mes errances
Tu as accepté 
Moi je n'avais rien à offrir
Toi tu as voulu trop donner
Je t'ai échangé un sourire
Contre un peu de thé
Je n'avais rien le temps de dire
Tout était déjà décidé
A peine le temps de saisir
C'était terminé
Un petit morceau près du cou
La promesse d’un autre regard
Un mot ensemble, rien du tout
Sur un quai de gare
C’était déjà tellement bon
Tu as eu peur de mes toujours
J’ai voulu croire que la raison
Dépassait l’amour
Le temps efface les baisers
Que j'avais posés sur ton cœur
La vie déjà rappelle à l’heure
Au temps de filer
Puis on est retombé sur terre
Et tout est partit en fumée
Dans les dernières volutes claires
D'un moment volé
12:22 Publié dans Textes | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
avancer...
Mon coeur est encombré et sale de partir; mes larmes brûlent tes mots qui sont encore en moi; le temps a abimé ce qu'on avait de beau, reste les souvenirs et cet étrange lien où l'on se sent trop bien mais où l'on n'entend plus... Je te touche je te blesse j'ai l'impression de ne plus t'atteindre, tu me touches et je pleure mais je suis loin de toi... et pourtant... même si je ne veux plus jamais te retrouver, même si tu arrives enfin à m'effacer, même si on s'est quitté des centaines de fois, même si l'on se quitte, encore une fois... je sais au fond que rien ne changera jamais, je resterai un peu à toi et tu seras un peu à moi... Dans un coin de ma tête il y a ton nom qui résonne, dans un coin de mon coeur il y a ton souffle qui chante, sans un coin de ma vie il y a tes yeux qui me brûlent et ton sourire aussi qui me parle de toi... Même dans le noir, dans la nuit, et même à l'autre bout du monde, une nuit sans étoile parle encore de nous, j'entend encore ton rire, et puis je sens tes bras... Même au fond d'un placard, et vidée de ma vie, j'entend encore tes yeux me dire que je suis... Je suis quelqu'un depuis toi. Juste quelqu'un depuis toi. Même quand tu auras compris que tu en aimes une autre, et quand je t'aurai dit que tu n'es rien pour moi, même quand nos deux vies ne se croiseront pas et même si tu es loin, plus loin, si loin de moi... Je ne veux pas être la seule, j'ai plus envie de t'aimer, je ne veux pas que tu m'oublies j'ai besoin d'exister...
Et il y a ma vie, ces moments roses et bleus, et il y a ma vie, pas de place pour toi, et il y a ces soirs, où plus rien ne va, ces moments désespoirs, où j'ai besoin de toi... Ces minutes insouciantes où je ne te vois pas, ces semaines innocentes où je t'oublie déjà, et puis tous ces instants où tout semble parfait et où je ne comprend pas de ne pas te trouver juste à côté de moi où semble être ta place, à toi qui n'en a pas.
Ta place à toi pour qui je n'ai jamais de place...
Il y a ce moment où je te sens si loin, comme je suis souvent, comme je sais si bien, ce moment angoissant où j'ai peur de te perdre moi qui ne souhaite rien tant que de te voir partir...
Combien d'années encore je vais te regarder, te prendre te jetter, te voir t'éloigner, combien d'années encore tu vas me regarder me prendre me jetter avant que je m'éloigne assez pour ne plus craindre ces moments sourds où l'essentiel se passe de mots, ces moments terrifiants où ton regard me vole quelques battements de coeur, où je crois un instant que le monde se tait. Ces moments incroyables où je te vois blèmir, où je te sens si vulnérable... ces moments fugitifs où tu es tout à moi... Tout à moi...
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21.04.2009
prendre le train, rater le reste
Et les paysages défilent, sans moi. Juste sans moi. Ils s'enfuient. Ils s'enfuient sans moi. Parfois il est des instants qui se retiennent. Qui me retiennent. Le bord d'un chemin qui me regarde. Un sursaut, puis tout recommence à courir. Encore. Sans moi. Plus vite. Plus loin. Plus seule. Je n'ai jamais l'impression d'avancer dans un train. J'ai juste l'impression que tout s'efface. Que tout s'enfuit autour de moi. Sans moi. Je n'ai pas l'impression d'aller quelque part. J'ai l'impression de tout quitter seulement. Tout quitter pour ne rien retrouver. Tout quitter encore. Pourtant il n'y a pas de libération. Jamais. Tout restera toujours identique. La vie coule et court autour de moi. Je suis là dans ce train comme au milieu d'un pré balayé par le vent, tournant sur moi même sans comprendre, regardant tout autour pendant que tout passe en courant. Tout tourbillone sans m'emporter, et tout s'efface. En courant. Sans moi.
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