29.05.2008

mal être


Elle n'était pas vraiment laide, elle n'était pas vraiment belle, elle n'était pas vraiment aimée ni vraiment détestée, elle n'était pas vraiment, en fait. Un peu trop fade, un peu trop craintive, un peu trop douce, un peu trop pour cacher un peu de pas assez. Un peu, déjà tellement trop. Elle s'entendait à peu près bien avec les autres, elle osait à peu près sourire, elle parlait à peu près pour se cacher, a peu près. Juste à peu près. Juste assez pour disparaître tout à fait.

Elle ne saluait pas les gens qu'elle reconnaissait dans la rue, trop sûre qu'ils ne se souviendraient même pas l'avoir croisée... elle se cachait si elle tombait sur des amis, trop sûre qu'ils ne désiraient pas la voir... elle craignait de venir lorsqu'ils l'invitaient, trop sûre qu'ils ne le faisaient que par politesse... trop sûre de ne pas être à sa place, jamais. Trop sûre de n'être pas assez sûre d'elle pour avancer avec les autres. Elle se regardait partir et voulait disparaître.

Elle a fait semblant d'aller bien, elle a ri un peu trop fort, parlé un peu trop vite, elle s'est habillée comme elle pouvait: mais son corps suppliant de la laisser disparaître la trahissait trop bien. Les mains serrées entre ses jambes, se forçant à ne pas baisser la tête, tout en elle brusquait ce qu'elle était. Chaque apparition était un combat. On ne rend jamais les armes quand on se bat contre son coeur.

 Et puis il y a ces moments émerveillés, auprès des rares hommes qui ne l'angoissent pas, ces instants de bonheurs volés à son mal être, ces heures de soleil passées auprès de l'autre qui l'aime toute entière et qui ne juge rien. Ces moments, ces merveilles, ils la tiennent éveillée, elle aime ces sourires, elle aime s'y reposer, avant de repartir à l'assaut de ses maux, elle se pose, elle respire, elle embrasse la vie.

 

21.05.2008

Une image...

Une image… n’être plus qu’une image. Une illusion, de passage. Un jour la vie décide et t’embarque dans une nouvelle galère. Un jour tu pars la larme aux cœurs de tes amis. Les promesses qui pleuvent sur ta tête abattue. On ne t’oubliera jamais, personne ne pourra jamais te remplacer ma belle, ma reine, ma princesse, ma folle… Notre cœur c’est ton royaume, c’est ton empreinte sur laquelle le temps n’a pas d’emprise. Tes fous rire contagieux, tes coups de blues et coups de gueule, tes coups de sang tes coups de poings, tes bisous dans le cou c’est notre coup de cœur. Pas de coup de théâtre entre nous. On t’attend. Même si tu ne reviens jamais ta place à toi au creux de nous reste toujours, et personne n’oubliera ton sourire. Enfin il faut partir… Tu prends ton sac de peine et tu tournes la tête. Encore une fois. Et puis tu disparais au milieu de tes larmes au milieu de leur peine et au fond de nos têtes. Ta chanson d’amour on la connaît par cœur, et mille autres détails ne parlent que de toi. Cette couleur étonnante, cette voiture, comme la tienne, cette chanson qui te ressemble, un jour de pluie qui brille, cet arbre qui a tant abrité de confidences, cette façon d’aimer la vie quand tout est noir autour, ce courage de donner des couleur à l’amour, et de danser sur la musique de ta vie que tu étais seule à entendre et qui nous redonnais du cœur. Et puis l’absence. Longue, monotone, obstinante, imperméable et sourde… pas assez peut être encore. Et puis un jour, cette fille. Sympa, plutôt gentille. Peu à peu imprimée à nous tous. Et à lui. Pour se reconstruire. Comme si ton souvenir seul n’y parvenait pas. Comme si ton souvenir ne nous portais pas chaque jour. Comme si tu ne suffisais plus. Envolées les promesses ? Ou plutôt écrasées oubliées au fond des poches d’un habit trop étroit, trainées comme des boulets aux chevilles des gens pressés. Pressés de vivre et d’en finir. Si tu n’es plus en nous tu n’es plus du tout. Mais pourquoi insister ? Pourquoi vouloir te tenir sur nos cœurs réchauffés ? Tu ne peux plus parler ni porter notre peine, il faut t’imaginer, rappeler tous nos souvenirs, te redonner les couleurs que tu nous as distribuées. Trop difficile peut être. Mais combien merveilleux… Alors non personne ne te remplacera jamais ma belle, tu étais magique, elle n’est que gentille. Et que ceux qui tentent d’affaiblir tes couleurs sous cette monochrome sont désavantagés !! Ton souvenir à lui seul rempli bien plus le cœur que sa présence même. Tu n’étais pas magique, tu l’es toujours. Comme cet enfant qui n’aura pas vu tes yeux, reste pour moi un ange... Nul ne t’effacera.

...Une image… elle est bien plus image que toi, qui est une âme vive et toujours accueillante.

Pardonne lui. Il ne t'efface qu'en surface, mais tu es ses entrailles. Même s'il se ment il n'est qu'à toi et il quitterai tout pour venir te rejoindre, c'est certain. Pardonne aussi son égarement, la vie sans toi était insupportable, il s'accroche à ce coeur qui bat comme un naufragé, mais s'il se le cache nul doute que tu brûle en lui comme avant: elle n'est qu'un pâle masque à qui donner le trop plein d'amour qui déborde de lui... Il y met l'énergie mais pas le désespoir et ton nom trop chéri doit lui tordre le ventre. Personne ne sort indemne d'un amour avec toi. Garde nous une place auprès de ta lumière.

25.04.2008

Demain...

Il pleut. C'est décidé je part. La vie se bouscule, pas moi. Que vais-je laisser ici? Un souvenir vague à l'âme à double tranchant... Regard gris qui se souvient de s'être allumé pour une ombre, un autre être en attente de disparaître. Comme toi. Des regrets, des remords... Combien de formes ai-je pris? Une par personne peut être. Une forme insipide, une fausse contenance. Tout est faux. Faux. Faux semblant de vérité. Mais où est la vérité, les autres savent-ils qui ils sont? Repartir de zéro, mais il est trop tard, ton image... Emmener mes fantômes, mes amours surréels à qui je parle quand je suis seule. Trop seule? Toujours eu peur de la solitude, ça me rend malade comme le temps perdu, perdu comme toi. Alors pourquoi toujours cette boule au creux des reins derrière ce faux enjouement "chouette on sort"? les reins... Envie de rien. Est ce que je ne suis rien? Si je ne suis rien alors autant qu'on se souvienne de mes fausses formes en forme de rien, de mes courants d'air qui ne se voulaient pas glaçés... Vague mal au coeur. Pas envie de n'être rien, compter au moins pour quelqu'un. Une présence... Ne suis-je qu'une présence? Sans fond... on se confie à moi un peu comme on parle tout seul... Je sais simplement me taire et écouter, ne pas être... Marre aussi de meubler, faire la conne et rire jaune paille. J'aimerais rester en forme de rien, pas un sourire niais, pas une crise de larme. Mais rester quand même. Le petit rayon de soleil tout bête me plaisait mais avec le temps on l'oublie. Déjà. Et ceux qui ont pleuré? Ceux à qui j'ai fait mal en voulant simplement me trouver? Est ce que quelque part quelqu'un m'en veut? Est ce qu'ils se souviennent de mon prénom? Je me rappelle de vous tous. Je vous ai presque tous aimés. Chacun différement, plus ou moins fort, plus ou moins longtemps. Ca parait encore plus con que mon vide mais c'est vrai. Entourée mais si seule. Toi pour ton sourire qui disait trop je t'aime à la vie, toi pour tes larmes petit gosse plus vieux que moi, toi parceque tu m'aimais à en crever... c'est honteux mais je t'aimais pour ça, parce qu'à travers toi j'existais, que je n'avais pas honte de moi... toi au contraire parce que tu m'as traitée comme je me traitais moi-même, mal, dur avec mon sale coeur en sucre qui s'est noyé sous trop de larmes non versées et de plaies qui saignent encore derrière mon sourire. On a tous une vie pleine de coups de couteaux et de coups de soleil. J'me promène avec mes photos partout, mes souvenirs dans ma tête et mes poches pour vous avoir au cas où. J'me promène avec mes plaies béantes et mes larmes salées brûlent les cicatrices qui ne se ferment pas. Bien cachées. Comme ton souvenir en dent de scie: un fou rire, ton absence, un regard, le désert de ton départ. Qui suis je? Je ne sais même pas ce que j'aime, ce que je préfère, ma hantise: choisir. Mais au milieu de mon désert inventé, de vraies éclaircies me font dire que "rien que pour ça", j'ai bien fait de continuer. Le sourire de ce gosse qui veut "aussi être maicresse", et celui de mes fantômes. Les vieux et les nouveaux, mes fantômes du passé, disparu loin de moi ou loin de tout, fauchés, eux qui n'étaient pas faux, et qui me parlent encore. Ton regard est coupant comme une lame émoussée, il retourne et fait mal avant de tuer, c'est un regard cruel que je projette partout sur les murs de cette pièce et des autres, un regard que je t'emprunte parfois pour faire un peu mal aux autres, pour que surtout ils ne m'aiment pas. C'est décidé je pars, demain. S'il ne pleut plus. Si demain arrive un jour et cesse de s'enfuir toujours avec le temps. Si demain s'arrête. Si demain existe, lui qu'on a jamais vu.

17.04.2008

Mon pays

medium_bretagne_bnf.jpgMa terre sainte... petit morceau de rêve et reste de landes sauvages.. représentation graphique du sentiment de liberté...

Pourquoi s'y accrocher? Je suis à Créteil, née à Chatenay... si loin... mais je suis bretonne. On a pas de papiers, pas de certificats, c'est juste une appartenance accrochée à son coeur. Quelque chose qu'on ne peut pas renier. Ou peut être qu'on peut. C'est peut être ce qui fait la force de cette impression: cela dépend de nous. Mon pays magique, pays de légende... Source intarrissable, vent de fraicheur... l'appel de la mer et de ses côtes sauvages... Envie d'y retourner, comme si un morceau de nous y était toujours resté, moi qui n'y ai jamais vraiment vécu pourtant... Mais je suis bretonne, dans l'âme et dans le coeur. Qui viendra me le contester? Y a t'il une "race", une "attestation"? Je suis française et j'aime mon pays, sa langue... ma langue! Je ne parle pas le breton. Mais c'est là bas que le vent m'appelle et me chante ses secrets... J'y ai tiré mon prénom, ma famille, et un état d'esprit en forme de vague à lame tranchante, un vague à l'âme plaisant qui nous tiraille et nous enchante. Ma terre sainte... petit morceau de rêve et reste de landes sauvages... représentation graphique du sentiment de liberté... mon pays.
medium_bretagne_peinture.jpg






Ma bretagne c'est une plage escarpée où les lames viennent se briser et nous trempent, nous, en haut de la falaise.

Ma bretagne c'est une petite maison au toit d'ardoise entourée d'hortensias.

Ma bretagne c'est un désert aride balayé par le vent, une lande presque sèche où la végétation est drue et simple.

Ma bretagne.. c'est un éclat de ma famille, ma grand mère devant l'église.

Ma bretagne c'est milles images de la vierge et des clochers qui nous rappellent que le temps passe.

Ma bretagne c'est un pays anciens ou chaque pierre à son histoire et où chacun connait l'histoire de ces bergers pétrifiés par une sirène...

Ma bretagne est vivante et pleine de surprises, elle est aussi dans ces festivals éclectiques et frénétiques, ces pubs à la musique forte et aux bières portant des noms qui laissent rêveurs...

Ma bretagne c'est celle de Gwiclann, celle de Brocéliande, celle de Roscoff, celle de Nantes aussi (voir le 1er commentaire sur l'appartenance de la Loire Atlantique à la bretagne), celle de Rennes et de Brest, bien sûr, le bout du monde... peut être la fin, peut être le début... là où tout (re)commence...

Ma bretagne c'est mon refuge contre la morosité, c'est une humidité de la terre qui me répette ton tour viendra et qui me fait sentir, entre le limon et la terre, l'odeur un peu fiévreuse de la vie... l'endroit où l'on sait que rien n'est éternel que le vent et le souvenir... le seul endroit où la mort ne vous ravie pas tout à fait au coeur des hommes.

09.04.2008

Libre de rester

1980766410.JPGIl y a des années, IL a choisi une fois pour toute de rester, dans tous les vents, toutes les marées, tous les bonheurs, toutes les erreurs... IL a choisi de m'aimer.

Pas moi. Moi, je choisissais chaque matin de rester. Chaque soir. Chaque fois qu'un mot était plus haut qu'un autre, qu'une porte claquait, qu'un regard était froid, je choisissais de rester. Pour chaque geste mal reçu, chaque mot coupant, chaque larme, chaque erreur... je choisissais de rester. Je me sentais libre, je me sentais forte; je me sentais libre, je choisissais de rester. Encore une fois. Encore cette fois.

Et puis un jour on a choisi de rester toujours. IL a souri, moi j'ai senti mon coeur se serrer. J'ai découpé mes ailes de cocotte en papier, j'ai serré mes deux poings, j'ai signé pour rester. J'ai signé en pensant que je serais restée, de toute façon, encore cette fois, et puis cette autre, et puis après. J'ai signé en sachant qu'IL ne serait pas responsable de mon départ, jamais. 

Ensuite j'ai compris que c'était plus qu'un pas, plus qu'un simple papier, et que ça changeait tout. IL n'a pas changé, mais mon coeur lui l'a senti. Mon coeur a senti qu'il ne choisissait plus, que le choix était fait. J'ai senti le poids des barreaux dorés qui ne me condamnaient qu'à ce que je choisissait. Je me suis bien redit que j'aurais choisi la même chose. J'ai même essayé de me mentir, de me faire croire que je décidait encore, que je choisissait, mais je savais que non. Je me suis dit que je lisais en moi et que je voulais rester. Mais je ne choisi plus et ça m'a fait pleurer. 

07.04.2008

love me tender

 

J'ai rencontré un ange au fronton de ma peur, son rire sa patience, mes larmes sa douceur et dormir et dormir en pleurant dans ses bras.

J'ai rencontré la vie tout n'était que brouillard déchirure éclaircie ma flamme dans le noir, et partir et partir au soleil de son coeur.

Et j'ai suivi ses charmes et j'ai fermé les yeux et j'ai suivi mon âme je suis devenue deux

Et j'ai suivi mes larmes ma peur de tout briser, et j'ai suivi l'amour jusque dans d'autres chaines 

Et j'ai voulu quitter mon patelot de peine mais elle s'est accrochée j'ai perdu que la haine,

Et j'ai voulu quitter mes peurs pour son bonheur, j'ai reçu le bonheur, mais j'ai toujours mes peurs

J'ai aimé j'ai aimé comme on a soif de vivre, j'ai pleuré j'ai chanté comme on peut respirer

J'ai pleuré j'ai chanté comme on aime à penser j'ai aimé j'ai aimé comme on veut exister. 

05:41 Publié dans Textes | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : amour

08.03.2008

vide

2098512797.jpgun grand vide... une attente. Un grand manque, l'évidence. Et si...

Parfois les mots nous pèsent comme des couperets, et parfois ils nous manquent.. ils nous manquent comme nous manquent les voix de ceux qui sont partis.  Oui mais ce soir c'est moi qui attend le silence. Le silence qui me parle de toi. une dernière étincelle... ma dernière allumette. Il fait froid depuis toi.

C'est arrivé si vite, pourquoi recommencer, un jour tu n'es plus là, le drame est arrêté... et si je veux reprendre, effacer mes absences, il est trop tard hélas... la dernière allumette de ta pipe enchantée de ton rire à l'été qui pleut sur mon église... la dernière étincelle de ton sourire immense, de ton coeur trop grandit de ta voix, je repense... je repense et j'ai mal et je pleure en dedans. Tes yeux savaient chanter tout un monde et sans lui je suis seule aujourd'hui. Je suis vide de l'espoir, de l'odeur du tabac et de ton grand rire qui résonne en moi.. comme dans une église, comme dans les yeux des autres quand ils parlaient de toi. Les yeux brillent aujourd'hui d'un éclat différent. Un grand vide... une attente. Un grand manque, l'évidence. Une musique qui te pleure. Tu me manques.