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28/02/2012

laisser partir

beaucoup de peine et un peu de sérénité

J'ai toujours eu du mal avec les séparations. J'ai toujours l'impression d'être démunie. Fragile. Seule. J'ai toujours l'impression d'être la seule a prendre la pleine mesure de ce qui est en train de se passer. De le prendre en pleine face, en fait. La seul a me sentir happée par ce gouffre. Cet abîme dans lequel je me sens peu a peu disparaître. D'être la seule à me sentir démembrée. Engloutie. La mort bien sûr. Mais aussi l'abandon. La peur. Le rejet. L'angoisse. Celle qui a ce goût de fer dans la bouche...

Je sais que c'est le moment. Qu'il faut te laisser t'envoler. Que tu ne peux battre des ailes que loin de la prison de mon coeur. Que dans la cage où je peux te caresser tu t'étioles. Je suis une fervente adepte de la liberté.

De la mienne.

Mais je sais qu'il faut te laisser à ton tour prendre le large. M'oublier. Rire au loin dans le vent. Respirer. Je sais que je t'asphyxie. C'est beaucoup de peine qui déborde ce soir. Il y aura d'autres soirs de peine. Mais il y a aussi ce soir cette nécessité, cette urgence dans le lâcher prise, cette sérénité dans les larmes. Il y aura des soirs de peines, indissociables de ton absence. Il y aura des heures de manque, des envies de courir, de hurler. Mais doucement, tout doucement, retenir ton odeur et l'envie et l'amour, et laisser voler ton coeur... Savoir que tu existes, et que ce sacrifice doucement guérira les plumes que j'ai coupées. Que j'ai taillées à vif pour pouvoir te garder. Par la peur de te perdre. La peur de te voir fuir.  Mais je suis une fervente adepte de la liberté, je te la souhaite belle, et douce, et lumineuse. De te savoir voler je retrouve mon souffle. Tu manques à ma présence mais je suis soulagée. Je t'écoute. Pardon de ne savoir aimer.

...

Au départ il y a ce manque. Ce cruel besoin de le sentir encore un peu, du bout du doigt. Cette envie de retourner le couteau, de raviver la douleur, comme un hommage, une déclaration d'amour a celui qui n'est plus.

Et puis je lis leurs mots. Qui prennent vie. Les sensations qu'elles décrivent, avec bonheur, je me souviens les avoir ressenti. Si fortes. Je me surprend à sourire. Je me délecte de leurs récits, je ressens le bonheur de leur état. Je revis ces moments merveilleux. Avant que le désespoir ne m'accable. Parce que j'ai traversé tous ces moments comme dans le brouillard. Sans plus pouvoir dire un mot. Sans parler. Sans me porter. Comme si tout cela n'était pas vrai. Comme si tout cela n'existait pas. En refusant de l'abimer. J'ai obéie comme une machine, comme un pantin. J'ai bu la cigue a la coupe en prétendant faire semblant.Même mon ange ne savait plus s'il était vivant ou mort.

Au fond de moi, il y avait cette fille. Cette fille qui riait de se sentir transformée. Cette fille qui aimait soudainement son corps qui n'était plus vraiment qu'a elle. Cette fille surprise et amusée de se sentir femme, de se sentir fruit. De sentir une autre âme dans sa vie. Cette fille qui caressait son ventre. Qui le carressait encore, même vide, même mort.

Et tout à coup leurs mots, ces mots que je lisais à m'en cisailler le coeur, ils sont devenus miens. Il sont devenus beaux. Ils se sont apaisés. Il ne m'ont pas parlé de la douleur, ils ne m'ont pas parlé du vide, ils n'ont pas dit mot des terreurs et de l'absence et de mon drame. Ils n'ont parlé que de couleurs. Douces. De tendres senssations. De douces communions. J'ai retrouvé avec bonheur les plus beaux instants de ma vie.

juste ici...

Juste ici il y avait des mots.

Il y avait des questions sans réponses, des déclarations d'amour, des chansons inutiles, des cris de rage, des larmes amères... Il y avait des petits textes qui avaient envie de prendre le large, des photos qui voulaient montrer ce que frôlait mes yeux du coeur, des gens qui souriaients, des drames, des mots pour maîtriser des sensations diffuses.

Juste ici il y avait des gens, des amis de passages, des lecteurs inconnus, des gens qui me suivaient, des amis de toujours, et quelques SOS qui leur parlaient aussi...

Juste ici il y avait tout un pan de ma vie, au fil de mon stylo et au fil de mes larmes. Et puis un jour j'ai cru que tout était fini. Qu'il n'y avait plus rien. Ni ici ni ailleurs. Que tout était vain, et que tout était trop. Alors ici, il n'y a plus rien eu. J'ai voulu me gommer, et avec moi tout ce que j'avais pu dire. Tout, ce n'était pas encore grand chose. Mais c'était un peu de moi. Et ce soir j'ai envie de me recomposer. Tout doucement, j'ai commencé. Et j'avais encore trop à dire, mais plus à personne. Parce que j'existe encore. Et que c'est bien assez.

J'ai repensé que parfois dans les soirs un peu tristes j'aimais relire ici un peu de mon soleil. J'ai repensé à ce que j'ai pu vivre aussi, ce qui déborde encore...

Il faut que je parle, non pas pour qu'on m'écoute, mais pour qu'en s'écoulant les mots me soignent... Je n'aime pas parler à mes amis, je préfère leur sourire. Et je n'ai pas envie de payer pour qu'on m'écoute, pas envie d'imposer à quelqu'un de m'écouter. Alors juste ici il n'y aura pas grand chose, mais juste comme avant, quelques sensations sourdes, quelques douleurs muettes et un peu de soleil. 

Juste pour me retrouver.

Vous êtes ici chez moi, essuyez vous les pieds.