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22/06/2015

toi et toi et moi

un jour tu commets l’irréparable. on en revient jamais. et tu t'englues là dedans, tu pleures, tu pries, parce que tu t'es mise à prier, juste pas pour toi mais tu t'en es pas vraiment rendu compte, c'est venu petit à petit. T'as pas la technique, tu connais pas les formules, juste tu parles avec ton cœur, et puis tu pleures. Beaucoup. tu crois pas à la rédemption, enfin tu t'en fous c'est un truc qui te serait jamais venu à l'idée, de demander qu'on te pardonne... toi t'as juste peur pour lui, la haut, quelque part. t'as juste mal qu'il soit tout seul, que personne ne le berce... t'as besoin qu'il sache que tu l'aimes, même si t'as honte de lui dire ça alors que...

et puis tu sais que c'est juste, de plus avoir droit au bonheur. jamais. que c'est normal, que c'est bien. même si ça te fait des nœuds partout dans la gorge. la justice, c'est un truc auquel tu crois. Surtout quand elle te déchire bien.

et puis un jour on te dit qu'il y a un petit miracle de possible là, pas trop sur, hein, mais c'est possible là tu le vois les petits follicules ben c'est possible... bon yen a un c'est vraiment pas possible mais yen a un de viable... franchement tu sais plus trop quoi en penser, tu te dis que de toute façon ils savent pas mais ça peut pas marcher, que t'as pas le droit. mais bon tu fais un sourire en disant on verra. et puis t'oublies, presque. t'es tellement sure que tu peux pas... et puis un jour tu fais un test, comme ça. un truc que t'as pas fait depuis des années, depuis que t'as compris. et il est positif. alors dans ta tête ça fait boum, tu te dis miracle et en même temps tu te dis il va s'enfuir aussi, dès qu'il va sentir, dès qu'il va savoir... t'as du bonheur et de la tristesse d'avance. parce que ton premier ange, tu n'as pas juste pas su le retenir, tu l'as chassé. personne croira jamais que tu puisses être une maman. pas toi. Pas après ça. d'ailleurs dans ton ventre personne n'est dupe. pour ça qu'ils s'enfuient. mais cette fois il y a quelque chose. assez pour que tu en parles à ta mère. pas de toutes ces horreurs, hein, mais de ce petit cœur qui est venu presque bizarrement s'installer dans ton corps. T'as besoin de te dire que c'est réel. T'es bien placée pour savoir qu'il faut rien dire, attendre les trois mois qui n'arrivent jamais, mais cette fois tant pis. Il se passe quelque chose. Même si t'as peur. 

tu files voir ton docteur, toute seule, t'as tellement peur qu'il te dise encore que ce mini cœur ne bat pas comme il faut, tu veux pas le partager, c'est ta peine, c'est ta faute, débrouille toi. Et puis il y a un silence, il fait sa tête bizarre qui comprend pas et tu sens le raz de marée qui monte dans tes yeux. Et il te dit que c'est impossible mais qu'il sont deux. Que le follicule minuscule et pas viable est en train de devenir un bébé. c'est tellement improbable que tu sais même plus ce que tu dois ressentir, tu es juste assommée. 

J'ai passé huit mois à me dire que ce n'arriverait pas, que ce n'était pas possible. A chanter des chansons douces en mangeant des oranges. A parler à mon petit bébé, et à mon petit miracle, mon tout petit revenu, ce petit cœur accroché après coup comme par erreur... Je vous ai aimé avant de vous voir, de vous sentir, de vous toucher... Vous étiez parfaits dans mon cœur, tellement parfaits que j'en avais la trouille. Mais vous êtes là. Quand je vous ai vu pour la première fois, alors que les docteurs devenaient dingues autour de moi, tout s'est arrêté. Le cœur qui battait de travers, la terreur dans le ventre, la douleur, la peur, tout à disparu. J'ai eu l'impression de m'être fait roulée dessus par un camion, mais un camion magique qui fait pas mal, hein, un camion énorme qui fait disparaître tout, tout le corps, tout, qui laisse juste un nuage prêt à exploser. c'est comme si tu étais dans une fusée d'un feu d'artifice au moment ou elle explose. Tout s'est juste arrêté. Le bonheur en forme d'éternité. Les cris autour, les demandes angoissées, les excuses, les machines qui sonnent et les gens qui bourdonnent, tout a disparu, j'ai passé une heure sans vous au milieu de gens inquiets pour moi et je n'ai pas été capable de répondre à une seule de leurs questions, je n'ai su que répéter que vous étiez parfaits, que vous étiez beaux que vous alliez bien et dire merci merci merci juste merci avec la voix qui déraille et les yeux qui ne voient plus juste merci... je n'ai pas compris les regards interloqués, je n'ai pas compris les cris, je n'ai pas compris qu'ils pensaient que quelque chose pourrait jamais me toucher, me faire mal, me faire peur, dès lors que vous alliez. que vous étiez. 

en sortant on m'a amené une photo de vous et je me suis effondrée c'était du bonheur du bonheur qui débordait qui explosait c'était le feu d'artifice qui tonnait et ils n'ont pas compris et ils ont été vous chercher. Pour de vrai. Parce qu'ils pensaient que je pleurais de tristesse et que je ne pouvais pas parler pour leur dire quoi que ce soit. Parce qu'il n'y avait plus de mots. Les mots avaient disparus quand vous êtes arrivés. C'était un bonheur plus grand que le monde. Et ils vous ont posé sur moi et j'ai compris que je ne pourrais plus jamais vous lâcher. En une seconde vous êtes devenus le sel et le feu et la vie. juste la vie.

et chaque jour depuis je pleure. Et ce n'est pas la fatigue. C'est l'émotion la plus pure que le monde ai jamais fabriqué. Dans vos yeux il y a les mots qui s’arrêtent, dans vos sourires il y a le plus bel amour que j'ai jamais approché et dans vos regards il y a juste l'essence de la vie. je vous l'ai déjà dit des millions de fois mais je vous aime je vous aime je vous aime je vous aime... 

je ne sais pas à qui à quoi comment pourquoi mais merci. juste merci. merci.