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29/01/2013

trouver les mots




j'aimerais juste pouvoir trouver les bons mots. Une heure devant ce putain d'écran vide.

"désirez vous enregistrer ce message comme brouillon?"

"si vous fermez maintenant, votre mail ne pourra être envoyé"

Il y a des moments où j'ai l'horrible impression de pas maîtriser les mots, où ils fuient quand je voudrais les poser sur ces courants d'air qui me traversent pour me dire, pour que tu m'entendes...

J'ai froid dedans, sans toi.

M.A. (bordel je viens de retrouver ce petit mot dans un coin de clé usb... C'était il y a bientôt 8ans déjà...) still loving u

J’avais 2ans et on s’est kidnappées. De rires en délires on se suffisait. Ma belle. Ma chérie des conneries, des chansons que je connais encore, des chats, des rêves, ma puce de madame Chalimon, des petits poudriers et déjà qu’à deux on est trop alors à trois… celle avec qui je voulais faire « nuit blanche » en découpant des poissons dans du papier alu.

Puis le collège, nos premiers amours, amours qu’on gardait secrets, entre nous, sans leur en parler. Ma copine de secret, qui savait si mal garder cachées nos conneries… nos punitions bidons, jouer les ptites rebelles sur la place… puis nos p’tits bleus au cœur, les premiers gros chagrins, mon chéri qui s’en va, le tien qui n’est pas le tien… un seul prénom pour nos deux copains. L’escalade de la cheminée, les fous rires dans le lavoir qui n’est toujours pas un refuge… Mes problèmes de famille et son sourire, toujours. Ses bras grands ouverts, la seule à qui j’avais envie de parler quand ça ne va pas. Parler, c’est ce qu’on a le plus fait ; parler pour ne rien dire ou vraiment parce qu’on en avait besoin, parler beaucoup, juste parce qu’on était bien.

Le lycée, mes errances, nos « retrouvailles », nous qui ne nous étions jamais perdues de toute façon. Encore des souvenirs, des mots amis pour soigner nos maux de cœur.

Julien. Le changement, la distance, nos amis qui deviennent respectifs, nos nouveaux souvenirs qui ne sont plus communs. L’absence, et cette peur du silence. Peur de ne plus savoir quoi se dire, peur de se trouver changées, trop changées. Mais je n’oublie pas et tu me manques. Faute de parler avec toi je parle de toi, souvent. Ton appel qui me fais tellement plaisir. Et se revoir et rire, comme avant. Soulagement. Se sentir toujours aussi bien près de toi. J’ai retrouvé beaucoup de gens très proches, de vrais amis, mais je n’ai jamais pu parler de « meilleure amie » depuis toi. Parce que c’est ta place et que tu l’occupes toute entière, et non ça ne changera pas. On s’est roulé dans l’herbe hier. Rien ne change vraiment au fond. Tes 20ans. Les 20ans de celle avec qui j’ai fumé en cachette, bu en cachette, avec qui j’ai écrit mes petits journaux intimes. Les 20 ans de ma sœur, et on ne change pas de famille.

28/01/2013

et partir lentement dans la lumière grise

Ya son coeur qui saigne, pourtant. La vie elle continue, tranquille, comme si de rien n'était. Comme si ça n'existait pas. Comme si on n'existait pas. un jour il y a quelque chose, et puis un jour, il n'y a plus rien. ça la fait flipper, cette idée absurde. Rien ne se crée, rien ne se perd, tout se transforme. et l'âme? ou pas. Le vivant du dedans? La volonté, le désir, l'amour, l'introspection. On est plus dans la cellule, là, on est plus dans de la biomécanique. Il y a autre chose. Evidemment. Un jour ça apparait, comme ça, un jour ça part. Non. Non. Pas pour toi. Pas pour toi mon amour, mon rêve immaculé, pas pour ton coeur à toi. Ca débordait trop de partout pour juste s'arreter. Mais où ça c'est barré, ton dedans de toi même, quand ton corps-enveloppe à cesser d'avancer? Un matin elle a cessé de respirer, comme ça, pour voir. Son corps elle sait qu'il est tout mort, dehors. Elle continue de bouger, juste par volonté, même si parfois elle sait plus trop pourquoi. Mais ca fait longtemps qu'elle n'y croit plus, aux maladies du corps, aux docteurs, aux remèdes. Un jour il s'arrete, simplement. Son corps on ne peut pas lui faire confiance. Alors elle mange du bout des lèvres, des petits bouts de matière sale, avec l'envie de tout vomir. Mais elle ne le fait pas, pour quoi faire... Elle fait juste bouger la carcasse, un peu, c'est juste le médium par lequel son dedans émerge. C'est effrayant, tout ça. Elle elle croit en l'éternité pour elle, un peu. Ca lui semble le minimum. Même si elle sait que son corps va la trahir, parce que c'est ce que les corps font. Mais on est pas que ça. c'est ce qu'on est le moins même. alors pourquoi ça lui fout cette putain de terreur, la mort? elle aimerait bien passer au travers de ce corps qui la limite, pourtant. Mais ton corps à toi, la dedans, c'est trop dur. C'est trop froid. Enfermé. On peut pas t'avoir enfermé. On peut pas laisser faire ça. Elle sait qu'il n'y a plus rien, bien sur, que t'as pas pu rester bloquer à l'intérieur de ce corps froid. Que tu t'es échappé ou que pof. Pof. Pof, putain. Pof plus rien. Elle remet un peu son écharpe, ya un courant d'air qui lui glisse un peu de froid juste contre l'omoplate. Pourquoi elle pense à lui, maintenant? Comment ça se fabrique, l'amour? Comment elle saurait faire? Comment ça se façonne, une âme? un coeur? elle sait, sans trop saisir comment, qu'on peut fabriquer un corps, des yeux qui verront le monde tel qu'il ne sera que pour lui... mais comment elle pourrait fabriquer une entité qui ne soit à personne, avec des aspirations propres, un goût pour ce qu'elle ne connaîtra jamais si bien, du plaisir, des questions... comment elle pourrait fabriquer quelqu'un d'entier à partir de rien... D'où il viendra? Où tu es maintenant? Elle parle aux étoiles, aux statues des églises, aux flammes des bougies, à ta tombe, à la buée de son souffle dans le froid de l'hiver. Et parfois elle ne sait plus si elle te parle encore ou si elle parle toute seule. Ton éternité à toi, est ce qu'elle s'est arrêtée. Elle voudrait lui tenir la porte, un peu, sentir le chaud du dedans s'évaporer autour d'elle. Ya rien de plus, aujourd'hui. Pas de début, pas de fin. Juste un train qui arrive. Et qui repart, sans elle. Elle qui attend pour rien, encore, dans les courants d'airs froids de cette gare qui s'éteint. et partir lentement dans la lumière grise.

08/01/2013

splatch

J'ai envie de tremper mes doigts dans la peinture verte et de tout barbouiller. De mettre de la lumière partout, des petites taches, des gros traits de couleurs. J'ai envie de me tartiner de gouache, de me passer les doigts sur les lèvres. J'ai envie de me rouler dedans, de me frotter au ciel pour tout bien mélanger. J'ai envie de laisser de grosses trainées oranges sur les murs de la vie, des grandes éclaboussures dorées comme des soleils, des petits éclats roses soufflés de ma bouche. j'ai envie de secouer mes cheveux bleus jusqu'à repeindre tous vos murs, envie de taguer sur mon corps à coup de bombe de peinture, envie de tout repeindre en bleu, en rose en vert en jaune en blanc, depuis les toits jusqu'aux oranges, des routes jusqu'à la maison, les arbres, les bancs, les enfants... J'ai envie de tout colorier, envie de tout éclabousser, envie de tout rendre vivant, les meubles, les robots, les gens...

07/01/2013

elle était publiée, elle était supprimée, mais j'ai plus envie.

Dans ma chapelle ardente, trop loin de vos lumières, il y a ce soir la flamme de cette chandelle qui brûle pour toi... j'ai ton manteau blanc qui s'éloigne dans ta cité que je n'aime pas qui me crame un peu la rétine... j'ai dans un coin de coeur un manque de ton sourire, j'ai ton rire devant mes godasses, ton putain de rire d'enfant, celui dans lequel on se rapellait que t'étais pas si grand... putain mais garçon tu me manques ce soir c'est un anniversaire que je voudrais fêter ailleurs que dans le noir... Ya la putain de lumière de ta soeur qui me crève encore les yeux, ya les putains de yeux de ton père qui ressemblent tellement aux yeux du mien, qui ressemblent tellement à ceux que t'avais, copain... Tu es de ma famille, comme on peut coller à la vie, ya ce putain de mur qui revient certaines nuits... Ya ce putain de numéro qu'on a jamais pu effacer, et ce soir l'envie trop féroce de lui envoyer un message, juste pour toi, juste au cas où, juste comme ça, parce que c'est ce qu'on devrait faire, aujourd'hui.

Pour toi ce soir c'est des bougies et pas des cierges qui devraient cramer... J'voudrais qu'elles soient sur un gateau, ces putain de flammes qui me renvoient ce soir juste les lumières qu'on a peut être pas eu le temps de voir s'éteindre.