UA-75898527-1

Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

28/01/2013

et partir lentement dans la lumière grise

Ya son coeur qui saigne, pourtant. La vie elle continue, tranquille, comme si de rien n'était. Comme si ça n'existait pas. Comme si on n'existait pas. un jour il y a quelque chose, et puis un jour, il n'y a plus rien. ça la fait flipper, cette idée absurde. Rien ne se crée, rien ne se perd, tout se transforme. et l'âme? ou pas. Le vivant du dedans? La volonté, le désir, l'amour, l'introspection. On est plus dans la cellule, là, on est plus dans de la biomécanique. Il y a autre chose. Evidemment. Un jour ça apparait, comme ça, un jour ça part. Non. Non. Pas pour toi. Pas pour toi mon amour, mon rêve immaculé, pas pour ton coeur à toi. Ca débordait trop de partout pour juste s'arreter. Mais où ça c'est barré, ton dedans de toi même, quand ton corps-enveloppe à cesser d'avancer? Un matin elle a cessé de respirer, comme ça, pour voir. Son corps elle sait qu'il est tout mort, dehors. Elle continue de bouger, juste par volonté, même si parfois elle sait plus trop pourquoi. Mais ca fait longtemps qu'elle n'y croit plus, aux maladies du corps, aux docteurs, aux remèdes. Un jour il s'arrete, simplement. Son corps on ne peut pas lui faire confiance. Alors elle mange du bout des lèvres, des petits bouts de matière sale, avec l'envie de tout vomir. Mais elle ne le fait pas, pour quoi faire... Elle fait juste bouger la carcasse, un peu, c'est juste le médium par lequel son dedans émerge. C'est effrayant, tout ça. Elle elle croit en l'éternité pour elle, un peu. Ca lui semble le minimum. Même si elle sait que son corps va la trahir, parce que c'est ce que les corps font. Mais on est pas que ça. c'est ce qu'on est le moins même. alors pourquoi ça lui fout cette putain de terreur, la mort? elle aimerait bien passer au travers de ce corps qui la limite, pourtant. Mais ton corps à toi, la dedans, c'est trop dur. C'est trop froid. Enfermé. On peut pas t'avoir enfermé. On peut pas laisser faire ça. Elle sait qu'il n'y a plus rien, bien sur, que t'as pas pu rester bloquer à l'intérieur de ce corps froid. Que tu t'es échappé ou que pof. Pof. Pof, putain. Pof plus rien. Elle remet un peu son écharpe, ya un courant d'air qui lui glisse un peu de froid juste contre l'omoplate. Pourquoi elle pense à lui, maintenant? Comment ça se fabrique, l'amour? Comment elle saurait faire? Comment ça se façonne, une âme? un coeur? elle sait, sans trop saisir comment, qu'on peut fabriquer un corps, des yeux qui verront le monde tel qu'il ne sera que pour lui... mais comment elle pourrait fabriquer une entité qui ne soit à personne, avec des aspirations propres, un goût pour ce qu'elle ne connaîtra jamais si bien, du plaisir, des questions... comment elle pourrait fabriquer quelqu'un d'entier à partir de rien... D'où il viendra? Où tu es maintenant? Elle parle aux étoiles, aux statues des églises, aux flammes des bougies, à ta tombe, à la buée de son souffle dans le froid de l'hiver. Et parfois elle ne sait plus si elle te parle encore ou si elle parle toute seule. Ton éternité à toi, est ce qu'elle s'est arrêtée. Elle voudrait lui tenir la porte, un peu, sentir le chaud du dedans s'évaporer autour d'elle. Ya rien de plus, aujourd'hui. Pas de début, pas de fin. Juste un train qui arrive. Et qui repart, sans elle. Elle qui attend pour rien, encore, dans les courants d'airs froids de cette gare qui s'éteint. et partir lentement dans la lumière grise.

Commentaires

pars mais reviens

Écrit par : partir vers toi | 29/01/2013

Les commentaires sont fermés.