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14/12/2012

oublier

ça parlait de plafond blanc, ça parlait de maladresses, ça parlait de silences qui se suffisaient... ça parlait de ma vie, en fait, quand les sons se confondent en musiques liquides, que les notes se détachent sur les plafonds trop hauts...  ça parlait de l'amour et de la sensation d'être soi, juste bien. Juste là.


09/12/2012

tout ira bien

Il y a toutes sortes de marques un peu partout sur ma peau, cette petite tache de naissance en forme d'Australie que mon frère adorait et qui me garde au chaud un morceau de mes besoins de liberté, cette petite tache de soleil, sur ma main, qui me donne l'impression d'avoir soudainement pris corps, d'avoir moi aussi une des marques chéries des mains de ma grand mère, ce tout petit pli qui est venu se nicher doucement dans le bas de mon dos et qui me dis que je suis femme, je les adore. Je les aime. Je chéri toutes les marques que je trouve, sur moi, sur les autres, les marques de la vie moi ça me fait rêver. Les petits plis au coin des yeux qu'on a envie d'embrasser, les petits creux sur le menton ou sur la joue qui ont l'air de vouloir dire quelque chose... Une peinture parfaite c'est joli. On aime la fraicheur des couleurs, on apprécie le trait ferme, les aplats brillants. C'est joli. Mais quand un petit coup de chaise vient érafler le bas de la toile,  quand un peu de poussière poudre le vernis sur un coin de l'image, quand une petite tâche se pose et nous captive au détour de la vie... Alors elle devient belle, elle prend corps, elle devient vivante par l'histoire qu'elle raconte, par l'odeur de chocolat qui émane de ses couleurs ternies, par les images d'ateliers sous le soleil du midi que nous renvoit un angle un peu jauni.


tout ira bien... ce petit chuchotement de ma maman que je peux respirer chaque fois que mes yeux se posent sur ces trois petites taches dorées, sur le dessus de ma main... Elles sont apparues il y a longtemps, et je les chéri chaque jour. je crois que j'aime parfois les marques que la vie dépose sur moi... pouvoir emmener sur sa peau la promesse rassurante de sa foi en l'humain... trimbaler partout avec soi ces mots que seule une mère peut rendre beaux même s'ils sont faux "tout ira bien"... ces mots qu'elle seule peut penser en les disant, malgré les douleurs. Tout ira bien, mes points de suspentions à moi qui ne sait ponctuer ma vie qu'avec ça... 

 

tout ira bien... Ce sourire patient et la pression de sa main sur mon bras que je peux sentir chaque fois que mes yeux se posent sur cette petite ligne de métal qui promet une alliance entre mon souffle court et sa respiration sereine... juste un bijou, un morceau de métal, une promesse. Une putain de promesse. je crois que j'aime parfois les marques que j'ajoute à la vie... pouvoir emmener sur sa peau la promesse rassurante de sa foi en la vie...tout ira bien... ces mots qu'on ne dit plus mais qu'on sait entendre dans la nuit, quand plus rien ne va plus...


tout ira bien... ce regard rassurant et les bras qui chassent les peurs que je retrouve chaque fois que je me yeux se posent sur ces lignes gravées de notes, juste au creux du poignet...mes yeux qui me brûlent un peu du manque. Le manque mais pas le vide, car il y a ces lignes. je crois que j'aime parfois les marques noires qui coulent sur mes veines... pouvoir emmener sur sa peau la promesse rassurante de sa foi en l'amour... tout ira bien... ces mots qu'on savait faux mais que j'ai adoptés...

tout ira bien... la chaleur du désinfectant, la petite douleur vive et si fulgurante qu'on a pas le temps d'avoir mal, le mal c'est de l'apréhension, de la durée... la petite peau réparée qui semble recousue de travers, un peu rafistolée, parce que tout ce que la vie nous casse même si on le répare aura changé. cette petite cicatrice jolie, sur mon doigt. Une petite griffure de la vie que j'aime regarder.

peut être que c'est ça, les lignes de la vie. Putain j'aime les machins qu'on nous dessine dessus, ceux de l'âge, ceux de dwam, ceux des accidents de la vie, ceux qu'on choisi et ceux qu'on regarde apparaitre avec un peu de curiosité, en se demandant ce que l'on va encore bientôt se raconter.


07/12/2012

mon pays

ma terre sainte... petit morceau de rêve et reste de landes sauvages.. représentation graphique du sentiment de liberté... Je suis d'ici, de créteil, née à Chatenay... si loin... mais je suis toujours un peu bretonne dans le ventre. On a pas de papiers, pas de certificats, c'est juste une appartenance accrochée à son coeur. Quelque chose qu'on ne peut pas renier. Ou peut être qu'on peut. C'est peut être ce qui fait la force de cette impression: cela dépend de nous. Mon pays magique, pays de légende... Source intarrissable, vent de fraicheur... l'appel de la mer et de ses côtes sauvages... Envie d'y retourner, comme si un morceau de nous y était toujours resté, moi qui n'y ai jamais vraiment vécu pourtant... Mais je suis un peu de là bas, dans l'âme et dans le coeur. Qui viendra me le contester? Je suis française et j'aime mon pays, sa langue... ma langue! Je ne parle pas le breton. Mais c'est là bas que le vent m'appelle et me chante ses secrets... J'y ai tiré mon prénom, ma famille, et un état d'esprit en forme de vague à lame tranchante, un vague à l'âme plaisant qui nous tiraille et nous enchante. ma terre sainte... petit morceau de rêve et reste de landes sauvages... représentation graphique du sentiment de liberté... mon pays. 

Ma bretagne c'est une plage escarpée ou les lames viennent se briser et nous trempent, nous, en haut de la falaise.

Ma bretagne c'est une petite maison au toit d'ardoise entourée d'hortensias.

Ma bretagne c'est un désert aride balayé par le vent, une lande presque sèche où la végétation est drue et simple.

Ma bretagne.. c'est un éclat de ma famille, ma grand mère devant l'église.

Ma bretagne c'est milles images de la vierge et des clochers qui nous rapellent que le temps passe.

Ma bretagne c'est un pays anciens ou chaque pierre à son histoire et où chacun connait l'histoire de ces bergers pétrifiés par une sirène...

Ma bretagne est vivante et pleine de surprises, elle est aussi dans ces festivals ecclectiques et frénétiques, ces pubs à la musique forte et aux bierres portant des noms qui laissent rêveurs...

Ma bretagne c'est celle de Gwiclann, celle de Brocéliande, celle de Roscoff, celle de Quiberon et de Brest, bien sur, le bout du monde... peut être la fin, peut être le début... là où tout (re)commence...

Ma bretagne c'est mon refuge contre la morosité, c'est une humidité de la terre qui me répette ton tour viendra et qui me fait sentir, entre le limon et la terre, l'odeur un peu fiévreuse de la vie... l'endroit où l'on sait que rien n'est éternel que le vent et le souvenir... le seul endroit où la mort ne vous ravie pas tout à fait au coeur des hommes.

01/12/2012

Alfred de Vigny

Bonjour à vous, gens de l'internet mondial!

Je me disais, à force de re-twitter les blagues de Dedo et les citations du petit journal, de facebooker les photos de votre voiture et d'envoyer des pokes à votre patron, depuis combien de temps vous n'avez pas lu Vigny? Trop longtemps. Voilà. C'est cadeau. (après ça tu as le droit de te refaire les Contemplations d'Hugo dans le désordre ou de te remettre à Baudelaire. Ou a Eluard. Ou n'importe quel autre bouquin avec de la rime dedans. Histoire de te re-remplir un peu.)

Si ton coeur, gémissant du poids de notre vie,
Se traîne et se débat comme un aigle blessé,
Portant comme le mien, sur son aile asservie,
Tout un monde fatal, écrasant et glacé ;
S'il ne bat qu'en saignant par sa plaie immortelle,
S'il ne voit plus l'amour, son étoile fidèle,
Éclairer pour lui seul l'horizon effacé;
(...)
Pars courageusement, laisse toutes les villes ;
Ne ternis plus tes pieds aux poudres du chemin ;
Du haut de nos pensées vois les cités serviles
Comme les rocs fatals de l'esclavage humain.
Les grands bois et les champs sont de vastes asiles,
Libres comme la mer autour des sombres îles.
Marche à travers les champs une fleur à la main...
Alfred de Vigny