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18/11/2012

Demain

Il pleut. C'est décidé je part. La vie se bouscule, pas moi. Que vais-je laisser ici? Un souvenir vague à l'âme à double tranchant... Regard gris qui se souvient de s'être allumé pour une ombre, un autre être en attente de disparaître. Comme toi. Des regrets, des remords... Combien de formes ai-je pris? Une par personne peut être. Une forme insipide, une fausse contenance. Tout est faux. Faux. Faux semblant de vérité. Mais où est la vérité...  Les autres savent ils qui ils sont? Repartir de zéro, mais il est trop tard, ton image... Emmener mes fantômes, mes amours surréels à qui je parle quand je suis seule. Trop seule? Toujours eu peur de la solitude, ça me rend malade comme le temps perdu perdu comme toi. Alors pourquoi toujours cette boule au creux des reins derrière ce faux enjouement "chouette on sort"? les reins... Envie de rien. Est ce que je ne suis rien? Si je ne suis rien alors autant qu'on se souvienne de mes fausses formes en forme de rien, de mes courants d'air qui ne se voulaient pas glaçés... Vague mal au coeur. Pas envie de n'être rien, compter au moins pour quelqu'un. Une présence... Ne suis-je qu'une présence? Sans fond... on se confie à moi un peu comme on parle tout seul... Je sais simplement me taire et écouter, ne pas être... Marre aussi de meubler, faire la conne et rire jaune paille. J'aimerais rester en forme de rien, pas un sourire niais, pas une crise de larme. Mais rester quand même. Le petit rayon de soleil tout con que tu prétendais trouver en moi ça me plaisait mais avec le temps on l'oublie. Déjà. Et ceux qui ont pleuré? Ceux à qui j'ai fait mal en voulant simplement me trouver? Est ce que quelque part quelqu'un m'en veut? Est ce qu'ils se souviennent de mon prénom? Je me rapelle de vous tous. Je vous ai presque tous aimé. Chacun différement, plus ou moins fort, plus ou moins longtemps. Ca parait encore plus con que mon vide mais c'est vrai. Entourée mais si seule. Toi pour ton sourire qui disait trop je t'aime à la vie, toi pour tes larmes petit gosse plus vieux que moi, toi parceque tu m'aimais à en crever, c'est honteux mais je t'aimais pour ça, parce qu'à travers toi j'existais que je n'avais pas honte de moi, toi au contraire parce que tu m'as traité comme je me traitais moi-même, mal, dur avec mon sale coeur en sucre qui s'est noyé sous trop de larmes non versées et de plaies qui saignent encore derrière mon sourire. On a tous une vie pleine de coups de couteaux et de coups de soleil. J'me promène avec mes photos partout, mes souvenirs dans ma tête et mes poches pour vous avoir au cas où. J'me promène avec mes plaies béantes et mes larmes salées brulent les cicatrices qui ne se ferment pas. Bien cachées. Comme ton souvenir en dent de scie: un fou rire, ton absence, un regard, le désert de ton départ. Qui suis je? je ne sais même pas ce que j'aime, ce que je préfère, ma hantise: choisir. Mais au milieu de mon désert inventé, de vraies éclaircies me font dire que "rien que pour ça", j'ai bien fait de continuer. Le sourire de ce gosse qui veut "aussi être maicresse", et celui de mes fantômes. Les vieux et les nouveaux, mes fantômes du passé, disparu loin de moi ou loin de tout, fauchés eux qui n'étaient pas faux, et qui me parlent encore. Ton regard est coupant comme une lame émoussée, c'est un regard cruel que je projette partout sur les murs de cette pièce et des autres, un regard que je t'emprunte parfois pour faire un peu mal aux autres, pour que surtout ils ne m'aiment pas. C'est décidé je part, demain. S'il ne pleut plus. Si demain arrive un jour et cesse de s'enfuir toujours avec le temps. Si demain s'arrête. Si demain existe, lui qu'on a jamais vu.

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