UA-75898527-1

Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

17/11/2012

November rain

Il fait encore nuit. Je l'ai bien senti, cette fois, sa lame fine, son poing lourd sur ma cuisse. Je me réveille avec la douleur d'un hématome. Il sera revenu, surement. Suceptibrement, pendant mon sommeil. Peut être que je pourrai le chasser à nouveau, il faudrait essayer. Je me lève le ventre en vrac, l'eau froide me pique un peu les yeux. Je suis assise par terre dans cette salle de bain, je pourrai aller me recoucher, simplement, fermer les yeux, dormir, quitte à le laisser faire. Les cauchemards partent avec le soleil. Je suis fatiguée ce soir, ça bouillone un peu trop. Pourquoi il est là, de nouveau? Qu'est ce que c'est que ce regard inquisiteur qu'il me projette, cette impression d'être détaillée comme du bétail, peut être qu'il prendra une cuisse, ou plutôt une aile. Une aile droite, celle qui n'a pas de quoi voler. J'ouvre la fenêtre, l'air est glacé et me pique la peau. Je m'enroule dans une serviette, et je reste là. ça pique doucement la gorge, ça va mieux. De l'air de l'air de l'air. Ca donne envie de planer, cette vue sur mon toit. Comme si on allait pouvoir s'envoler, comme à la cigale quand ils sont tous assis, comme un plongeon tentant. Ca me rappelle la roche près de porquerolles. Pourquoi je pense à ça. Cette vue de ma fenètre elle me fait tellement tellement penser à la mer, juste en dessous... Ma mer, mon océan. La mer de ma Bretagne qui est soudainement devenue celle de quiberon. Celle du paradis. de la tempète. Oh j'aimerais bien une grosse tempète, là, tout de suite. Avec de la pluie. De la pluie fine et rapide, celle qui te colle les cheveux sur les tempes et qui dégouline en petites rigoles le long de ton dos. November Rain. Il n'y a pas de musique ici, juste le bruit de la pluie, c'est comme si elle avait mis la bo de ma vie sur pause, le temps de recevoir un peu de calme. Toute une nuit avec ma musique, a regarder ton plafond blanc, irrégulier, tranquille. Putain de moments suspendus. Pourquoi il est revenu. Pourquoi je pense à ça. J'allume une clope, je m'assied sur le toit mouillé, pour pas que la fumée rentre. je suis là au milieu de la nuit à fumer sous la pluie, assise en serviette sur mon toit. Ca me fait rire. Un vrai rire qui remonte tranquillement dans la nuit. Un vrai rire qui plisse les yeux. Ca va mieux. Il est parti. Il ne me prendra pas cette nuit. Je regarde la lumière de mon téléphone qui clignote au fond, là bas, dedans, près du lavabo. Ce n'est surement pas lui. ma cigarette est éteinte, je suis frigorifiée. j'allonge mes jambes sur les tuiles froides, les gouttes dessinent de petits traits de lumière, je frissone. Je ferme les yeux, juste un peu, pour le plaisir de me sentir vaciller dans la nuit. Il est parti, ma tête est plus calme, dans mes tempes les tambours sont devenus sourds. Je pourrais juste me sécher et reprendre la place dans le creux de mon lit. je pourrai l'appeller, lui dire. Lui dire qu'il est dans ma tête et dans mon corps aussi, parfois. ou juste me sécher et reprendre la place dans le creux de ma vie.


Les commentaires sont fermés.