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15/11/2012

comment tu aimes

Les enfants, ça aime sans condition, sans règle, sans se poser de question. Ca aime le mardi et le samedi matin. Ca aime les chocolats, les bonbons qui explosent en millions de paillettes qui piquent, les stylos qui sentent bon, les histoires qui font peur, et les gens. Pas tous les gens, même si par défaut c'est un peu ça. Mais leurs copains, leurs amoureux, leurs copines-pour-toujours, leur famille, leur maitresse, leur voisine... ca accumule tout un tas d'amour pour tout un tas de gens. Sans trop de degrés, sans analyses, sans classification, ya les gens qu'on aime et ceux qu'on aime pas. Et dans les gens qu'on aime il y a les gens qui comptent plus que tout, parce que c'est la vie, et que quand on sera grand on prendra une maison avec tous nos amis et on sera heureux.

Plus tard on a plus envie d'etre dans une maison, on se dit qu'on retapera un van ou un immense bus et qu'on vivra tous la dedans, autour du monde. Ya déjà plein de gens qui pensent plus trop comme ça. Des qui veulent se marrier, et tout.

Petit à petit on apprend ce qui est normal. Ce qui est bien. Ce qu'il faut dire et ressentir. On essaye, on se regarde de travers pour filtrer ses sentiments. Mais quelque part on sait que nous, ce bus rempli de monde qui s'aime, cette longère pleine de gens d'amour, c'est ce qu'on voudrait.

Les adultes, ils ont du mal avec l'amour. <Ils ont pas assez foi je crois. Ils aiment avec parcimonie, ils raisonnent, ils tatillonnent. Aimer c'est déjà dangereux, on va parer au minimum. A l'essentiel. Au nécessaire. On va donner un peu, comme on veut recevoir. Pis on verra demain si on change de coeur, on se quitte, on s'échange, on se sépare, on se donne et on se reprend...

Je comprend pas comment. Je comprend pas comment on peut reprendre ce que l'on donne. On se donne et puis voilà, c'est la magie de l'amour que de ne pas diminuer quand on se donne. C'est la magie des sentiments que de pouvoir donner tout et d'avoir toujours plus à donner... Un jour l'amour fait peur, on invente de jolis mots, on parle d'amitié, on parle de connaissance, on parle de famille, on parle de chéri, on parle on parle on parle, on travesti on déguise, mais le coeur n'a pas tant de variations... Il y a des sentiments, des sentiments différents pour chaque personne du fait de son unicité, mais ces classements, ces rangements, ces notions arbitraires et pragmatiques du sentiment... fumisterie. mensonges. On aime. On aime ses parents, on aime ses amis, on aime ses voisins et on aime l'homme avec qui l'on dort, on aime la femme qui se promène en appuyant sur notre bras, on aime celui à qui on peut toujours se confier, on aime celle qui nous appelle au milieu de la nuit, on aime ceux qui nous font rire, on aime celui qui nous rassure comme seul notre père peut le faire... on aime. On aime cet enfant qui ne veut pas vivre et celui qui embrasse notre cou, on aime cette grand mère qu'on n'ose pas appeller, on aime cette fille qui nous ressemble un peu et ce garçon qu'on a perdu. On aime. On les aime différement parce que chacun est différent et qu'on les aime pour ce qu'ils sont. Pour ce qu'ils nous sont. Et l'équilibre peut se rompre à tout moment, si un aimé part loin de nous, emmenant avec lui tout un pan de notre amour.

Les adultes remplacent, je trouve ça effrayant. Terrifiant. il substituent une personne à une autre, ils vident de leur amour toute la substance de ce qu'ils ont aimé. Je ne pourrai jamais comprendre. Je n'ai jamais "cessé" d'aimer quelqu'un. J'ai fait des choix de vie, des choix de vue, des choix de compagnie puisque le monde n'est plus près ou ne l'est pas encore pour vivre tous ensemble sans chercher toujours à disséquer les sentiments... Mais pour autant tous ceux que j'ai aimé je les aime encore. Et toujours aussi fort. L'amour ne peut que croître, pour les vivants comme pour les morts. on ne peut pas un jour aimer moins ou ne plus aimer. On peut vivre avec ou vivre sans, sans doute. Avec la force. Mais rien ne change au coeur des gens. Du moins rien dans le mien.

Alors je ne vais pas vous dire que je vous "apprécie", que vous "m'agréez"... Je vous aime bordel. Et vous me manquez quand vous partez. J'ai besoin de certains souvent, d'autres de temps en temps, d'autres tous les jours. Certains plus que d'autres. Un plus que d'autres. Et ce sera pareil dans cent vingt ans.

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