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24/05/2012

J'ai cru que c'était toi.

casablanca2c_bogart1.jpgAu détour d'un regard, une seconde en suspend, j'ai cru que c'était toi. Dans les yeux de cet acteur sublime, magnifique, à l'aura saisissante. dans sa voix. Dans sa posture. Dans les traits de son visage. Dans son immense capacité à lire entre les gens, dans sa sublime subtilité, dans sa douleur blessante, dans ses moments trop grands pour les autres, ces autres énormes mais encore trop petits... J'ai cru que c'était toi. Et j'ai bu ses mots comme si tu m'envoyais un message. J'ai eu envie de te dire... Je ne sais plus. Ce flegme et cette flamme, cette droiture dans la déraison, l'immensité de cet homme qui feint de n'être qu'un humain. Face à face avec un homme juste, sincère, fondateur, il est cet homme innébranlable et ébranlé, la passion et la grandeur d'âme. Il n'y a pas pour lui de rôle secondaire possible. Il prend toute la place. Il n'y a pas de perdant, juste la vie, et des humains qui tentent de se construire. Si ce n'est toi c'est donc ton père. Casablanca, 1942. Curtiz a su capter cet intouchable monument d'homme, celui qui m'a tellement marquée.

13/05/2012

le bonheur des uns...

Quand le bonheur des uns fait le bonheur des autres... quand le bonheur des autres fait le mien... juste aimer ces rayons qu'ils dégagent, profiter du rayonnement de leur soleil... Sereinement sourire, être heureux d'eux.

Parce que penser qu'il y a "plus malheureux" sur cette Terre ne m'a jamais remonté le moral, au contraire, penser aux enfants qui ont faim ne m'a jamais rouvert l'appétit... Mais que penser à ce qui va, à ceux qui vont, réchauffe nos coeurs sans perdre nos valeurs...

Merci. De pouvoir ressentir les choses comme ça. Avec délectation.

03/05/2012

il était temps

C'est bizarre comme le malheur, parfois, ça peut nous couper de nous même... Nous faire prendre un recul sur tout ce qu'on considérait comme essentiel dans notre vie... Une demi heure qui foire dans ma classe, un mot dur dans la rue, un reproche a demi mot, une heure perdue, une amie qui s'éloigne, quelqu'un qui nous sépare... Tout ce qui pouvait provoquer des crises d'angoisses ingérables a tellement disparu... Ce monde me semble loin... Loin comme toi. C'est dingue le recul que ça a pu me faire prendre sur tous les moments de ma vie... Comme plus rien ne m'affecte vraiment... Comme seule la mort me terrifie, la perte ultime irréparable, injuste, définitive, l'abîme, l'abîme...  La mort et l'enfermement. Tout le reste coule tranquillement... Je me surprend à sourire bloquée des heures dehors sous la pluie sans téléphone, je me vois chercher une clope quand ma voiture ne démarre plus, je me retrouve a hausser les épaules sans souffrir de voir une séance prendre du retard, je me découvre à juste attendre tranquillement, je me sais si loin et si intouchable par qui que se soit désormais... je me sens juste m'en foutre de tout ce qui m'aurait tordu le ventre... Les gens qui ne savent pas me regardent avec un mélange d'incrédulité et de joie... mes progrès sont inconcevables, aucune thérapie ne peut marcher à ce point, j'ai l'air d'avoir découvert le secret du bonheur... Oui j'ai progressé putain, et sûrement sur le chemin du bonheur, car plus aucun de vos petits nuages n'a plus la moindre capacité d'assombrir mon humeur... Mais à quel prix... Il faudrait dire le risque, le risque ultime de me confronter à la mort... Il faudrait dire les années à embrasser mon ventre, les nuits blanches et acides du souvenir, les sanglots dans vos prénoms, les lumières des bougies que j'allume dans mes chapelles ardentes... Les prières sourdes et la sensation de les avoir trahie d'être là, le désir de me substituer à un seul d'entre eux qui méritaient tellement plus que moi, les larmes tièdes sur les dessins d'Aurore, les larmes chaudes qui me brûlent la gorge en coulant en dedans devant les sourires de Nico, les larmes froides qui perlent sur les cils au détour de l'odeur du tabac de dédé, les larmes amères en écoutant le chanson de mon père qui lui parle du sien... et les larmes sèches, les larmes mortes de mon ange, la douleur de la mort qui me prend au ventre un jour sur deux... les montés soudaines et incontrôlées de mes larmes de mort qui me polluent la vue...

Il y a quinze ans que je ne suis plus qu'une boule de terreurs, de craintes, qu'une braise douloureuse qui ne sait comment survivre sans détruire tout ce qu'elle touche, sans que chacune de ses larmes fasse un trou dans sa chair calcinée dans un petit nuage de fumée humaine... et d'un coup je suis devenue juste sereine. Je suis plus heureuse que je n'ai jamais pu le concevoir seulement depuis plus de la moitié de ma vie... Je suis calme. Mon coeur se panse doucement dans un bocal d'eau douce... Je n'aspire plus qu'a vivre comme ça toute ma vie... c'est un tel soulagement... une telle douceur.... la tendresse... c'est quelque fois se trouver bien... se trouver propre. Se réveiller chaque matin sans être déçue de se réveiller, c'est même vouloir vivre, et pas seulement pour les autres, mais pour profiter encore de ce coton enveloppant. Il n'y a qu'une chose que je n'arrive pas à faire. Le deuil. Le deuil c'est pas un truc qui me parle. Je comprend pas. Un mort c'est un trou dans ma vie. Un vide. Je ne comprend pas qu'on puisse dire qu'avec le temps... Pour moi le temps ne rebouchera jamais de vide. Il manquera toujours des lumières quelque part. Et peut être que je ne pourrai plus jamais avoir d'enfant. Ca semble de plus en plus probable. Au fond ce n'est pas douloureux. J'aimerai, bien sur, mais je ne ressens ni douleur ni terreur de cet état de fait. La mort de mon ange me torture oui. Elle le fera toujours. Son manque est infini. Mais le reste, le fait de ne pas donner la vie, ce n'est pas la mort. Il n'y a que la mort qui soit terrifiante, injuste, cruelle, douloureuse.

Je pense à Nico, à Aurore, je me dis qu'ils méritaient infiniment plus que moi. Qu'ils faisaient plus de bien. Qu'ils étaient plus indispensable a l'ordre du monde. Et je ne comprend pas. Je n'aime pas ne pas comprendre. Je pense a cet ange disloqué, a cette mort qui aurait été évitée si on m'avait prise à leur place. Je ne comprend pas. Mais j'ai un morceau de ciel au dessus de ma tête, du vent dans les cheveux, je suis libre alors je suis bien là. Je n'ai pas envie d'en partir. Je n'ai plus envie.

Ca fait maintenant assez longtemps pour que je sois sure que ce n'était pas encore un tour capricieux de ma tête malade, que ce n'était pas un calme apparent qui prépare encore une tornade auto destructrice...

On m'a dit que j'étais sage. Je crois que je suis juste devenue calme. D'un calme qui ne rend pas les autres fous. d'amour, de folie, de peurs, de rage, de désespoir, de tout le bordel et la tempète qui me brûlaient les tempes... D'un calme qui n'inspire rien de ce que j'avais besoin d'inspirer, d'un calme qui aspire à autre chose. A plus grand chose. D'un calme qui rend les autres calmes aussi. Un truc qui ne soulève pas de passions, un truc apaisant. Reposant. Il était temps.

02/05/2012

princesse

e72d402d.jpgPardon si j'ai changé la fin de l'histoire, et aussi un peu le début, mais tu sais en vrai, ma princesse, il faut descendre de leurs nuages... Ils ont pas eu beaucoup d'enfants, c'est pas vraiment ce qu'il y a de mieux, juste un peu, tu sais, c'est déjà plutôt bien...

Je m'en fiche si je suis malade, si parfois j'ai de la fièvre, si souvent on mange des pâtes, et si mes robes sont pas en soie, moi je dis que j'suis une princesse, même en vieux jean déchiqueté, parce que je sens le parfum de la crème et que mes yeux sont allumés...

Pardon si j'ai un peu fichu le bronx et tout retourné dans ton château, j'étais pas trop dans la tourelle, où alors juste pour le plaisir, parce que j'aime les petits endroits où on se sent comme protégé, mais personne m'avait enfermé, ça je ne sais pas l'accepter... Des fois je vois des papillons, alors je fais tourner ma jupe au milieu tout exprès, pour faire comme un cliché, pour me prendre pour une petite fée, et ça me fait rire aux éclats, même si je tombe un peu, parce qu'en vrai j'ai un peu de peine à croire qu'on est rien que des gens. Juste des gens.

Je m'en fiche d'être comme un garçon quand les amplis me font bondir dans les arènes des concerts... Moi je suis quand même une princesse parce que j'embrasse la rosée souvent les matins de printemps...

Pardon si tu n'sais plus ce qu'on est censé être, si tu as perdu la clef du carosse rayé, si tu crois que dans mes yeux tu lisais ton bonheur quand ils ne racontaient que ce que j'aime en eux. Ramasse sous ton bras ton vieux conte de fée, il a trop de poussière il faut le déchirer, et garder des morceaux de couleurs de ses pages, pour fabriquer avec un nouvel avenir qui ne soit pas trop sage.