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05/03/2012

lui

Est ce que je suis quelqu'un de mauvais?

Ya mes vieux démons qui reviennent, après une conversation (une lapidation?) par quelqu'un de mon ancienne vie, quelqu'un qui compte, tellement... Quelqu'un que je voudrais heureux, que je voudrais ami pour pouvoir partager un peu de la lumière que j'ai cru avoir retrouvé...

Parce qu'après certaines guerres on comprend qu'on ne peut plus. On comprend comme l'homme que la vie a mis sur ma route ne va pas partir. Après 10ans de peurs, de fuites, de doutes. On se réveille un matin, et on sait que personne ne pourras nous rassurer comme ça. On voit qu'il retient le masque à oxygène. On sait sa retenue quand les démons me prennent, quand je me tord, quand je hurle, quand je deviens mauvaise, quand je veux qu'il me haisse comme je me hais, quand je veux finir ce qui a été commencé il y a si longtemps, finir de déchiqueter ce qui reste de moi.

Il sait comme je menace de me rompre à chaque changement de respiration. Il sait comme je ne me tiens qu'à une brindille et comme un seul mot pourrait me briser. Il sait les mots à ne pas dire. Il sait les gestes à ne pas faire. Il sait comme en me repoussant une fois il pourrait me rompre à jamais. Je sais qu'un seul signe d'amour tiède, un seul geste violent, un seul mot dur, un seul, me perdrait pour lui. Pour moi. Pour toujours. Parce que je n'ai pas la force d'affronter mes terreurs, parce que passer une seule fois au second plan dans sa vie, entendre une seule fois qu'il pourrait aimer autrement, voir une seule fois qu'il préfèrerait autre chose, sentir une seule fois qu'il me tiens à distance, et je me perds. Je le sais depuis toujours. Personne n'a jamais réussi. Personne. Et il sait. Il sait mes terreurs et mes égarements, il sait que je suis construite sur du sable, mouvant.

Il sait ne pas respirer pour que je ne tombe pas. Il sait ne pas me blesser quand je ne suis que plaie béante, et recevoir mes larmes sans reproche. Il sait ne pas me toucher quand j'ai mal d'être moi, il sait me regarder quand je suis apeurée.

J'ai parfois cherché l'approbation dans des yeux qui ne comprenaient pas. J'ai parfois eu l'impression de vivre avec lui une amitié seulement, mais une amitié fondatrice, essentielle.

Je ne tombe pas amoureuse comme on tombe d'un arbre, parce que je sais que personne ne peut m'aimer vraiment. Et après dix ans de doutes et d'attente qu'il finisse par les dire, ces mots qui me détruisent, ces gestes qui me tuent, qu'il me brise comme tous les autres m'ont brisée, même sans le vouloir, même sans le faire exprès, je me suis rendue compte qu'il ne les dirait pas. Qu'il ne me secoueras pas comme on secoue un ami qui nous blesse parce qu'il sait que s'il me secoue des morceaux de moi vont encore tomber par terre, qu'il retiendra ma main quand je voudrais lâcher la corde pour voir si quelque chose existe autre part. Et que si je tiens debout aujourd'hui c'est qu'il m'a recollée, pièce par pièce, petit à petit, sans jamais se lasser de me voir continuer à m'arracher des morceaux de moi, et avec toutes mes fissures, toutes mes cicatrices, toute ma putain de fragilité qui rend fou et qui détruit tout ce qui s'approche à force de s'autodétruire, il reste là.

Pour la première fois de ma vie, je crois que je commence à croire qu'on m'aime pour de vrai. Moi. Entière. C'est tellement étrange... Quelqu'un qui m'aime malgré moi, et qui ne me détruit pas sans le vouloir à chaque mot maladroit, à chaque faux pas... Parce qu'on ne répare jamais les morceaux de moi ce que l'on a cassé soi même. Je ne me laisse pas faire. J'ai trop peur. Je suis trop sauvage pour ça. On ne m'approche plus le coeur après m'avoir griffé la vie, c'est ma seule carapace, celle que je n'arriverais jamais à perdre. Si un jour tu me blesses, sans même t'en rendre compte, tu me perds. Et tu signes quelques mois, quelques années de folle dépression. Parce que la dépression qui n'est pas folle, on se fait chier avec. La mienne elle est tarée, elle aime se jeter dans le vide et se frapper le ventre, se griffer les paumes des mains et se cogner sur le sol. Il est des douleurs muettes qui dépassent l'entendement. Et d'autres qui implosent parfois, sans prévenir. Alors laissez moi rire avec vos "il m'a dit je t'aime" et autres conneries! si un jour de fatigue ou de colère il t'a dit aussi "tu es mauvaise" ou "laisse moi" ou "je pourrais aimer quelqu'un d'autre un jour", il ne t'aime pas. C'est comme te dire crève salope. Ca vaut un bon internement. Welcome to my mind.


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