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03/03/2012

face à face

Ca allait bien. Après dix ans de galère et de coup de sang, d'un coup, le choc, la perte ultime, la douleur qui transcende les autres... et une vraie reconstruction. Fini les terreurs nocturnes, terminées les angoisses de ne pas être aimée, oubliées les heures à se dévaloriser... et avec elles les impressions de n'être pas montrable, de devoir se déguiser, se cacher, se montrer, les "j'ai rien à me mettre", les "rien ne me va" et les nausées devant la glace...

La plus grosse crise de ma vie et finalement en sortir un peu réparée. Le choc des yeux vides de la clinique, recracher les médicaments, tout de suite se préparer comme pour la guerre, comme toujours, planquer dans le plafond, s'assoir devant la porte. Close. Putain ma liberté c'est vraiment ce qui m'est le plus nécessaire. Me sentir prisonnière c'est la plus grosse angoisse qu'on puisse m'infliger. Depuis trop longtemps. J'ai toujours fait ce que j'ai voulu. Claquer les portes, tracer la route, ou rester si on ouvre la fenêtre. D'un coup on me disait non. Pour de vrai. Je me suis assise devant la porte. Avec mon sac sur les genoux. Elle est venue me parler, elle était gentille. Mais elle ne comprenait pas. Elle ne pouvait pas comprendre. Je lui ai dit je pars. Je n'aurais pas du pouvoir. Mais dans mon téléphone dans le plafond des toilettes j'avais les gens qui m'aiment. Les gens d'amour. Ceux qui peuvent me sauver de tout. Sauf de moi-même.

Le retour comme un cauchemard. Comme une négation de ma douleur. Comme si c'était fini. Comme si on efface d'un coup l'ardoise de la vie d'un coup de chiffon quand les insultes sont gravées au rasoir...

Mais petit à petit, l'abîme, la rage, le désespoir, le courage, l'abandon, et les bandes posées une à une sur chaque plaie béante. Les cicatrices, la tristesse doucereuse, les réveil embrumés, les nuits blanches, les moments d'égarement, et petit à petit les points de suture dans mes yeux.

Et ça allait bien. Enfin. Je pouvais rire. Mon corps s'est mis au diapason de ma tête. Je le sentais vivant et vibrant, je le voyais beau. J'aimais mon regard, mon sourire que je découvrais et mon corps élancé un peu trop mince qui se sentait bien dans son jean. Forcément j'ai pas réussi complètement. Fatalement il y avait encore des ratés, des larmes chaudes, des peurs irrationnelles, et des besoins de reconnaissance douloureux. Mais ça allait. Mieux que depuis la moitié de ma vie. 14ans que je ne m'étais pas sentie enfin respirer un peu. que face à face avec moi même je pouvais sourire avec un peu de lumière.

Et cette opération. Cette façon de déformer mon visage. De faire disparaitre mon tout nouveau sourire. L'angoisse de ne plus pouvoir contrôler mon image, de ne pas connaître le mode d'emploi de cette tête. De ne pas savoir jouer cette marionnette. De ne plus pouvoir me faire aimer. De me gameller dans mes regards, de me planter dans mes sourires, de me vautrer en voulant jouer la partition de l'ancien visage. Qui ne colle plus à celui là. Terreur. Ce dégoût de nouveau devant la glace. du dépit à la douleur. Et mon corps s'est accordé à ma tête devenue trop large, trop avancée, trop laide, trop différente, trop effrayante. Il s'est abimé, les douleurs sont revenues, il a changé aussi, n'importe ou, n'importe comment. Mes seins se sont effacés pour n'être plus cette femme que j'ai vu disparaitre à nouveau dans mes yeux qui s'éteignent. Plus rien ne me va. plus rien ne me tente.

Putain mais on en sors quand, de cette relation de merde avec soi même, si quand on fini par s'accepter on nous transforme juste comme on déteste...

Est ce que ca va m'aider? Est ce que ça va protéger d'autres gens, innocentes victimes de mes peurs de solitude... Est ce qu'au contraire je vais avoir si peur si peur qu'il va falloir faire n'importe quoi pour me rassurer...? Je ne repars pas sur dix ans de séductions et de destructions... Je ne peux plus... je passe mon tour... rendez moi juste la lumière qui avait fini par m'accepter un peu...



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