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02/03/2012

chorégraphie

Elle avance elle devine, elle connaît la chorégraphie par coeur. Elle aime cette partie de la danse. en riant. Quand l'histoire n'est pas encore écrite. Elle aime cette petite appréhension, ce moment délicat où elle risque encore de tomber.

Elle hésite une seconde, sur la troisième mesure, celle sur laquelle il ne faut pas se tromper. Elle est forte, elle s'enflamme pour ce qu'elle aime et dessine dans l'air des phrases à coup de moulinets de bras. Elle s'arrete en souriant, un peu échevelée. Un peu rose. C'est le moment. Accord majeur. Elle pose sa voix, déplace un peu son bras. Il faudrait retenir son souffle. C'est le soupir qui marque le début d'autre chose. C'est le moment de se lacher dans le vide en fermant les yeux. En espérant ne pas tomber...

Elle lance un regard qui se veut innocent. Elle ouvre d'un coup la porte. Elle redeviens fragile. C'est sa plus grande force. Celle qui lui assure tous les bras du monde. C'est bien plus sûr que de courber le dos.

La musique reprend doucement. L'épiphanie est passée. Il ne reste plus qu'à dérouler tout doucement les fils, à suivre la trame. A se laisser prendre doucement dans son propre piège. A se débattre un peu dans sa propre toile. A prendre dans la tête une nouvelle tranche de vie.

Elle dit que la vie c'est une accumulation de périodes sur lesquelles elle colle des images. Il ne faut pas s'arrêter. Juste ne pas s'arrêter. Elle sait déjà la suite, les heures silencieuses, les inquiétudes tristes, les rires dans les yeux pour ne pas qu'on l'oublie. Elle sait déjà les corps langoureux, les brûlures de l'âme et les voix fatiguées. Elle sait déjà le moment où elle devra partir. La fin de la chanson qu'elle a oublié d'apprendre. Elle sait les désaccords, les notes violentes, elle sait le goût du sang et l'odeur de ses larmes. Elle sait les mots qui blessent et les cris qui résonnent...

Elle sait le remord... le regret... elle sait qu'il n'y a pas à choisir entre ces deux amertumes.

Elle ravale ses larmes, ils tombent. Elle s'enfuie avec son sac trop lourd de peine et d'amour. C'est le moment délicat, celui qui lui fait peur. Celui ou elle voudrait son bonheur et sa peine... sa liberté et son amour... qu'il soit heureux mais ne la remplace jamais.

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