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06.05.2008

Dostoïevsky mon amour

Titre énigmatique... c'est que Dostoïevsky, ca sonne un peu comme Hiroshima, à la base. Bon, déjà, 4 Syllabes le nom, c'est un point commun d'importance. Si. Cherche, ce n'est pas si courant. (Comment je traite la question littéraire d'une façon totalement novatrice et tout et tout sérieusement je m'époustoufle) (ce n'est pas le sujet mais je fais ce que je veux du sujet en même temps, donc bon...)

Un point donc. L'autre, et là nous entrons dans l'univers extraordinaire et obscur de l'analyse littéraire fine en tant que telle, c'est que, comme la bombe du même nom (notez que Nagazaki a 4 syllabes aussi, en passant), comme la bombe du même nom donc, il détruit tout. Et que ce qu'il laisse en surface sera détruit par les vapeurs. Celles du livres, entendons nous bien. Pourquoi parfois tu pleures alors que dans ce passage il ne se passe rien? Justement... la description terriblement vraie et navrante des bas fond de l'esprit humain, de ce que l'on n'ose pas même s'avouer, voilà qui remue, qui dérange, qui déchire, qui angoisse. Parce que oui, j'aime Dostoïevsky. Je l'aime pour son génie, je l'aime pour son courage, je l'aime pour sa finesse, je l'aime pour ses personnages trop vivants que je garde avec moi des années durant. Je l'aime et je sens bien que ce n'est pas toujours réciproque. Voilà qui est douloureux. Sentir qu'il y a chez lui à la fois cette tendresse terrible et totale pour l'homme et cette pitié, ce dégoût parfois... Dostoïveski. Son nom est rude et carressant. Son ton aussi. Comme j'aime sa Karénine et j'aime ses Karamasov! Comme je les aime et comme parfois je sens que cet amour est immérité, qu'ils ne sont que des hommes, qu'ils sont sales, et que je me sens coupable de les aimer alors! Comme si en leur accordant le droit d'être aimés malgré tout j'acceptais l'idée que l'on puisse à mon tour m'aimer un peu... Voilà bien la finesse de ses oeuvres. Et si les grands messieurs préfèrent sans doute applaudir les descriptions (fabuleuses), les caractères (surréels) et les phrases (parfaites) de ce grand auteur, j'aime à penser que mon adoration de ses perceptions de l'âme le feraient sourire. D'un sourire aimant et cruel, sans doute. Dostoïevsky mon amour. 

Commentaires

Bel éloge, il aurait apprécié (à partir du moment où tu as tiré le maximum de toi pour l'écrire, jusqu'à la quasi-épilepsie et l'internement pas très loin :)

As-tu lu les Carnets du sous-sol ? Si non, je te conseille de le dévorer : assez différent de ses pavés, c'est l'un de ses plus profonds, de ses plus modernes - et l'un de mes préférés.

Ecrit par : Zarakamov | 06.05.2008

Non je ne connaissais pas... je me rue à la Fnac dès demain!

Ecrit par : la marie | 06.05.2008

Merci d'écouter mon conseil :) Ah oui, dernière chose : le titre diffère selon les éditions... chez Flamma par ex., c'est "Notes d'un souterrain", mais c'est exactement la même chose. C'est bon à savoir.

Tu me feras une fiche de lecture.

J'déconne.

Ecrit par : Ivan Zarakamov | 06.05.2008

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