17/03/2013

qui

Il y a des gens beaux, un peu partout dans la lumière. Et puis cette faille, ce trou béant, ce noir du dedans. J'aimerai bien parfois leur ressembler un peu. et parfois juste déchirer les voiles pour faire voir aux passants ce qui déborde de partout, cette chose sale et gluante et noire, juste moi. juste moi. Leur crier "ouvrez les yeux! ouvrez les yeux et partez! partez vite... partez loin..."

17mars

Cette fois ça y est. Dans quelques mois tu pourrais être là. Sur un de ces vélo dont tu n'aurais pas peur. Caché dans un cerceau magique. Je te cherche dans leurs yeux, dans tous leurs yeux. Je cherche ceux que tu aurais aimé, celles qui auraient voulu se ranger avec toi, je cherche dans leurs jeux tes bétises à venir. Je cherche dans leurs rire un écho, un désir, mais leurs cascades claires se brisent dans mon coeur mon amour mon amour comment peut on vivre encore, comment peut on courir quand tu n'as pu marcher, comment peut t'on supporter la caresse du soleil et celle de la pluie... mon amour mon trésor les rires des enfants... je les berce, je les caresse, je ferme parfois les yeux pour respirer leurs cheveux mon amour mon trésor je me regarde de dehors aujourd'hui... je me vois de plus loin... 21h48 maintenant... cette journée est interminable mon trésor... On arrive bientôt au moment terrible. Celui où je te vois. et ce bruit. Ce putain de bruit. Ce putain de putain de bruit. ce bruit. ce bruit là, il ne passera jamais.Il me serre au cou... je le sens dans ma gorge. je te sens dans ma gorge. reviens putain reviens. il faut que je te retrouve...

Desdichado

Je suis le ténébreux, - le veuf, - l'inconsolé,
Le prince d'Aquitaine à la tour abolie
Ma seule étoile est morte, - et mon luth constellé
Porte le soleil noir de la Mélancolie.

Dans la nuit du tombeau, toi qui m'as consolé,
Rends-moi le Pausilippe et la mer d'Italie,
La fleur qui plaisait tant à mon coeur désolé,
Et la treille où le pampre à la rose s'allie.

Suis-je Amour ou Phébus ? ... Lusignan ou Biron ?
Mon front est rouge encor du baiser de la reine ;
J'ai rêvé dans la grotte où nage la sirène...

Et j'ai deux fois vainqueur traversé l'Achéron ;
Modulant tout à tour sur la lyre d'Orphée
Les soupirs de la sainte et les cris de la fée.

Gérard de Nerval, Les Chimères (1854)

08/03/2013

la distance

quelqu'un m'a dit il y a peu "ça va, elle ne me manque pas vraiment, je sais qu'elle est vraiment heureuse, qu'il y a quelqu'un pour prendre soin d'elle, alors je suis heureux pour elle et ça me va..."

est ce que moi je n'ai pas aussi un peu peur de déranger les gens heureux? Une toute petite part d'impression de ne servir à rien dans ces cas... est ce que je ne préfère pas les regarder de loin, m'éloigner sur la pointe des pieds avec un sourire un peu timide...

Pourquoi il y a des moments ou la distance ne fait plus peur, où je me dis que tout va bien, qu'on est tous à notre place, que tout le monde est heureux comme ça, et d'autre ou elle file le vertige, au bord du gouffre noir, de l'abîme de la séparation...

Tout mais pas l'indifférence tout mais pas le temps qui meurt...


 

 

16/02/2013

...

c'est dégueulasse. Juste vraiment dégueulasse.