13.05.2012
le bonheur des uns...
Quand le bonheur des uns fait le bonheur des autres... quand le bonheur des autres fait le mien... juste aimer ces rayons qu'ils dégagent, profiter du rayonnement de leur soleil... Sereinement sourire, être heureux d'eux.
Parce que penser qu'il y a "plus malheureux" sur cette Terre ne m'a jamais remonté le moral, au contraire, penser aux enfants qui ont faim ne m'a jamais rouvert l'appétit... Mais que penser à ce qui va, à ceux qui vont, réchauffe nos coeurs sans perdre nos valeurs...
Merci. De pouvoir ressentir les choses comme ça. Avec délectation.
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03.05.2012
il était temps
C'est bizarre comme le malheur, parfois, ça peut nous couper de nous même... Nous faire prendre un recul sur tout ce qu'on considérait comme essentiel dans notre vie... Une demi heure qui foire dans ma classe, un mot dur dans la rue, un reproche a demi mot, une heure perdue, une amie qui s'éloigne, quelqu'un qui nous sépare... Tout ce qui pouvait provoquer des crises d'angoisses ingérables a tellement disparu... Ce monde me semble loin... Loin comme toi. C'est dingue le recul que ça a pu me faire prendre sur tous les moments de ma vie... Comme plus rien ne m'affecte vraiment... Comme seule la mort me terrifie, la perte ultime irréparable, injuste, définitive, l'abîme, l'abîme... La mort et l'enfermement. Tout le reste coule tranquillement... Je me surprend à sourire bloquée des heures dehors sous la pluie sans téléphone, je me vois chercher une clope quand ma voiture ne démarre plus, je me retrouve a hausser les épaules sans souffrir de voir une séance prendre du retard, je me découvre à juste attendre tranquillement, je me sais si loin et si intouchable par qui que se soit désormais... je me sens juste m'en foutre de tout ce qui m'aurait tordu le ventre... Les gens qui ne savent pas me regardent avec un mélange d'incrédulité et de joie... mes progrès sont inconcevables, aucune thérapie ne peut marcher à ce point, j'ai l'air d'avoir découvert le secret du bonheur... Oui j'ai progressé putain, et sûrement sur le chemin du bonheur, car plus aucun de vos petits nuages n'a plus la moindre capacité d'assombrir mon humeur... Mais à quel prix... Il faudrait dire le risque, le risque ultime de me confronter à la mort... Il faudrait dire les années à embrasser mon ventre, les nuits blanches et acides du souvenir, les sanglots dans vos prénoms, les lumières des bougies que j'allume dans mes chapelles ardentes... Les prières sourdes et la sensation de les avoir trahie d'être là, le désir de me substituer à un seul d'entre eux qui méritaient tellement plus que moi, les larmes tièdes sur les dessins d'Aurore, les larmes chaudes qui me brûlent la gorge en coulant en dedans devant les sourires de Nico, les larmes froides qui perlent sur les cils au détour de l'odeur du tabac de dédé, les larmes amères en écoutant le chanson de mon père qui lui parle du sien... et les larmes sèches, les larmes mortes de mon ange, la douleur de la mort qui me prend au ventre un jour sur deux... les montés soudaines et incontrôlées de mes larmes de mort qui me polluent la vue...
Il y a quinze ans que je ne suis plus qu'une boule de terreurs, de craintes, qu'une braise douloureuse qui ne sait comment survivre sans détruire tout ce qu'elle touche, sans que chacune de ses larmes fasse un trou dans sa chair calcinée dans un petit nuage de fumée humaine... et d'un coup je suis devenue juste sereine. Je suis plus heureuse que je n'ai jamais pu le concevoir seulement depuis plus de la moitié de ma vie... Je suis calme. Mon coeur se panse doucement dans un bocal d'eau douce... Je n'aspire plus qu'a vivre comme ça toute ma vie... c'est un tel soulagement... une telle douceur.... la tendresse... c'est quelque fois se trouver bien... se trouver propre. Se réveiller chaque matin sans être déçue de se réveiller, c'est même vouloir vivre, et pas seulement pour les autres, mais pour profiter encore de ce coton enveloppant. Il n'y a qu'une chose que je n'arrive pas à faire. Le deuil. Le deuil c'est pas un truc qui me parle. Je comprend pas. Un mort c'est un trou dans ma vie. Un vide. Je ne comprend pas qu'on puisse dire qu'avec le temps... Pour moi le temps ne rebouchera jamais de vide. Il manquera toujours des lumières quelque part. Et peut être que je ne pourrai plus jamais avoir d'enfant. Ca semble de plus en plus probable. Au fond ce n'est pas douloureux. J'aimerai, bien sur, mais je ne ressens ni douleur ni terreur de cet état de fait. La mort de mon ange me torture oui. Elle le fera toujours. Son manque est infini. Mais le reste, le fait de ne pas donner la vie, ce n'est pas la mort. Il n'y a que la mort qui soit terrifiante, injuste, cruelle, douloureuse.
Je pense à Nico, à Aurore, je me dis qu'ils méritaient infiniment plus que moi. Qu'ils faisaient plus de bien. Qu'ils étaient plus indispensable a l'ordre du monde. Et je ne comprend pas. Je n'aime pas ne pas comprendre. Je pense a cet ange disloqué, a cette mort qui aurait été évitée si on m'avait prise à leur place. Je ne comprend pas. Mais j'ai un morceau de ciel au dessus de ma tête, du vent dans les cheveux, je suis libre alors je suis bien là. Je n'ai pas envie d'en partir. Je n'ai plus envie.
Ca fait maintenant assez longtemps pour que je sois sure que ce n'était pas encore un tour capricieux de ma tête malade, que ce n'était pas un calme apparent qui prépare encore une tornade auto destructrice...
On m'a dit que j'étais sage. Je crois que je suis juste devenue calme. D'un calme qui ne rend pas les autres fous. d'amour, de folie, de peurs, de rage, de désespoir, de tout le bordel et la tempète qui me brûlaient les tempes... D'un calme qui n'inspire rien de ce que j'avais besoin d'inspirer, d'un calme qui aspire à autre chose. A plus grand chose. D'un calme qui rend les autres calmes aussi. Un truc qui ne soulève pas de passions, un truc apaisant. Reposant. Il était temps.
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02.05.2012
princesse
Pardon si j'ai changé la fin de l'histoire, et aussi un peu le début, mais tu sais en vrai, ma princesse, il faut descendre de leurs nuages... Ils ont pas eu beaucoup d'enfants, c'est pas vraiment ce qu'il y a de mieux, juste un peu, tu sais, c'est déjà plutôt bien...
Je m'en fiche si je suis malade, si parfois j'ai de la fièvre, si souvent on mange des pâtes, et si mes robes sont pas en soie, moi je dis que j'suis une princesse, même en vieux jean déchiqueté, parce que je sens le parfum de la crème et que mes yeux sont allumés...
Pardon si j'ai un peu fichu le bronx et tout retourné dans ton château, j'étais pas trop dans la tourelle, où alors juste pour le plaisir, parce que j'aime les petits endroits où on se sent comme protégé, mais personne m'avait enfermé, ça je ne sais pas l'accepter... Des fois je vois des papillons, alors je fais tourner ma jupe au milieu tout exprès, pour faire comme un cliché, pour me prendre pour une petite fée, et ça me fait rire aux éclats, même si je tombe un peu, parce qu'en vrai j'ai un peu de peine à croire qu'on est rien que des gens. Juste des gens.
Je m'en fiche d'être comme un garçon quand les amplis me font bondir dans les arènes des concerts... Moi je suis quand même une princesse parce que j'embrasse la rosée souvent les matins de printemps...
Pardon si tu n'sais plus ce qu'on est censé être, si tu as perdu la clef du carosse rayé, si tu crois que dans mes yeux tu lisais ton bonheur quand ils ne racontaient que ce que j'aime en eux. Ramasse sous ton bras ton vieux conte de fée, il a trop de poussière il faut le déchirer, et garder des morceaux de couleurs de ses pages, pour fabriquer avec un nouvel avenir qui ne soit pas trop sage.
18:16 Publié dans des mots en vrac, joyeux bordel | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
22.03.2012
tatouages
Quand je me suis fait tatouer, j'ai écrit ce que je ressentais, ce désir impétueux, ce besoin d'écrire dans la douleur ce qui a été vécu dans la peine, et tout ce que je ressentais à propos de ceux qui me disaient que je regretterais. Qu'il ne fallait pas. Que j'étais jeune et belle, que j'abimais ma peau. Je n'ai pas des tatouages partout, juste deux. Ecrits à deux moments de ma vie charnière. Après quelques années, voilà ce que j'en pense. Je ne serais pas tout à fait moi si on me les retirais. Parce que ce serait comme cacher un peu de moi. Comme cacher cette petite cicatrice, sur mon genoux, ou la couleur de mes yeux quand je pleure.
Parce qu'il y a des moments ou certains mots doivent sortir pour ne plus se heurter aux paroies de notre tête, et d'autres pour lesquels il n'y a plus de mots. D'autres pour lesquels on ne peut capter qu'une sensation. Une lumière. La fulgurante brûlure, une déchirure qu'on chérie, quelque chose qui nous transforme, qui nous rend nous, qui fait partie de nous.
Parce que certaines blessures nous rendent beaux, nous rendent tels que l'on se sent être. Parce que certaines douleurs maîtrisées nous permettent de nous retrouver. Parce qu'on ne peut parfois vivre sans un peu plus que ce que l'on arrive à toucher du bout des doigts.
Parce qu'il est des histoires que l'on a besoin de garder sur soi, contre soi, à fleur de peau, des personnes qu'on veut emmener, des moments qu'il faut savoir arrêter. Parce qu'il faut être capable d'avancer un jour, d'écrire sur une nouvelle page vierge dans sa tête, et que pour ça on doit graver quelque part ce qui nous étoufferait.
Parce qu'il est des choses qu'aucun autre support ne peut protéger de la vie et garder près de nous... Parce que vivre, c'est accumuler des marques, des cicatrices, des rides... Que ces dessins sont juste des marques de la vie qui passe, au même titre que mes cicatrices. Que c'est petit à petit qu'on se dessine. Qu'on se fabrique. Qu'on grandit, aussi. Et que j'ai juste ce besoin de décider, cette nécessité d'être actrice de ce que je deviens. Que je n'ai pas peur de tracer les lignes que la vie n'a pas osée dessiner d'elle même sur ma peau. Et que ces traits font partie de moi tout autant que les points dans mes yeux. Que je les aime.
Alors non, je ne vais pas regretter un jour ces messages sur ma peau, pas plus qu'on ne "regrette" ses cicatrices. Un jour on se plante devant un miroir ou devant un homme et on dit juste "me voilà toute entière". Et avec eux je ne ments pas. C'est juste ne plus cacher ce qui me transperçait, juste un moyen d'être moi, davantage, vraiment.
Il y a la partie que l'on voit, la petite mélodie, les oiseaux qui s'envolent, et j'aime qu'elle fasse sourire. Je n'ai pas envie de faire penser à un cimetière ou à quelque chose de torturé. J'aime que ce soit léger, que ce soit souriant, parce que ça me ressemble. Ca ressemble à ce que l'on voit de moi. Et qui est moi, aussi. et il y a la partie profonde, celle qui a motivé le choix, l'histoire qu'ils racontent, les mots qu'ils rappellent, la chanson dont elle sort, et que peu de gens connaissent... Et la troisième partie, celle qui n'appartient qu'à moi, à moi seule, celle qui a forcé à le faire, celle qui a fait de cette cicatrice nouvelle un besoin impératif, les détails cachés au coeur de mes images, la raison pour laquelle cette note est penchée, le choix de la taille, de l'emplacement, ma clé de ciel dans la clé de sol, le rythme et le soupir, le choix des ailes des oiseaux, les plumes et les égarements, est-ce qu'ils sont sept, est-ce qu'il n'y en a qu'un, qu'est ce qu'ils te rappellent, chacun, avec leur taille, leur faiblesse unique et leur putain de volonté... De qui ils te parlent, de quand, de quoi... Pourquoi là. Pourquoi pas.
Alors non, inutile de partir sur ce chemin, je ne parle pas de mes tatouages. Je ne dis pas "non" non plus, je ne dis rien. Il n'y a rien a en dire. Ils font partie de moi. Je n'ai pas à expliquer mes yeux, pourtant vous sentez qu'il y a là quelque chose qui dit qui je suis. C'est la même chose pour eux. Ils sont là comme je pourrais l'être. Et ils me rendent moi, plus forte, plus sereine, et plus tendre. Parce qu'une fois qu'on est sûr que c'est gravé pour l'éternité on a plus à culpabiliser d'oublier une minute. On peut rire sans craindre d'être en train de les nier. Il y a des souvenirs tendres et douloureux qu'on a besoin de porter comme un parfum d'amour.
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21.03.2012
fort fort
(Nolan) - Maîtresse avec Jérémie on t'aime comme un château.
(Jérémie) -ouais, un château fort"

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